Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - En matière d'affaires sociales et de politique d'emploi, l'un des plus importants dossiers que devra gérer la Présidence lettone du Conseil de l'UE sera celui de la révision à mi-parcours de la stratégie EUROPE 2020. Mais, si ce dossier a une haute valeur politique, il est probablement celui qui est le plus prévisible et qui comporte le moins de surprises potentielles comparé au travail législatif pendant.
Tous les six mois, c'est le même rituel: la nouvelle Présidence du Conseil présente son guide des priorités. Et en matière touchant au volet 'Affaires sociales et Emploi', les lignes prioritaires se suivent et se ressemblent. Le premier mot d'ordre est ainsi celui d'offrir « une croissance inclusive », laquelle « doit permettre à chacun d'accepter un emploi, de l'éducation ou d'entreprendre une formation, en s'assurant que tout le monde a une chance égale de bénéficier de systèmes de protection sociale efficients et efficaces qui soient à la fois pertinents et viables ». Cette phrase contient déjà à elle-seule tous les domaines d'action où souhaite agir l'UE, à savoir la promotion des réformes structurelles touchant aux systèmes de protection sociale, à la transition des jeunes du monde de l'éduction au marché de travail, à des emplois de qualité et à l'emploi des personnes handicapées et des chômeurs de longue durée.
Voilà ce qu'il en est pour les grandes lignes, dont la mise en oeuvre sera assurée essentiellement dans le cadre du processus du 'Semestre européen' dont les objectifs ne seront pas modifiés par la révision à mi-parcours de la stratégie EUROPE 2020, qui suit toujours son cours (EUROPE 11219). La Commission européenne sera d'ailleurs amenée à présenter sa vision de cette révision lors de la réunion du Conseil, le 9 mars. La Présidence lettone compte agir en insistant sur la réforme des marchés européens du travail, en préparant à ce sujet des conclusions pour le même Conseil du 9 mars qui seront associées à des lignes directrices pour l'emploi révisées (adoptées peut-être à la mi-juin). En marge de cela, Riga aura l'honneur de présenter les premiers résultats de la mise en oeuvre de la garantie jeunesse et de la coopération renforcée des services publics de l'emploi (EUROPE 11063), dont le conseil d'administration se réunira dans la capitale lettone au mois de juin.
Sur le plan législatif, la Présidence lettone va se lancer dans les discussions avec le Parlement européen sur plusieurs fronts à la fois. Mais, sa priorité est de parvenir à un accord en première lecture sur la proposition de créer une plateforme pour améliorer la coopération au niveau de l'UE pour prévenir et décourager le travail non déclaré (EUROPE 11178). Des négociations vont également être entamées avec les députés sur la réforme du réseau EURES (réseau européen de services de l'emploi) et pourraient être lancées quant à la directive modificative relative aux gens de mer (EUROPE 11216). Si Riga promet de relancer les discussions sur la proposition de directive sur l'égalité de traitement, ce dossier ne devrait pas sortir de son placard (EUROPE 11217), car c'est seulement un énième rapport de progrès qui est actuellement inscrit à l'ordre du jour du Conseil de mi-juin.
Ce travail législatif sera accompagné par une série de conférences, surtout dans les trois derniers mois de la Présidence lettone. En avril 2015, Riga organisera ainsi une conférence sur la santé et la sécurité au travail, alors que des conclusions à ce sujet devraient aussi être adoptées. Une autre conférence, en mai, réunira le comité des hauts responsables de l'inspection du travail (CHRIT). Toujours au mois de mai, ce sera aussi aux responsables du système de l'UE d'information mutuelle sur la protection sociale (MISSOC) de se retrouver, puis une autre conférence sera consacrée aux enfants handicapés. Une conférence de haut niveau suivra, en juin, sur les services sociaux et d'inclusion et les pratiques dites de « désinstitutionalisation ». (JK)