Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - Le Royaume-Uni, le Danemark, l'Estonie et la Lituanie ont estimé que l'UE devrait réagir pour répondre à la « campagne de propagande » russe, dans le contexte de la crise ukrainienne.
« La Russie développe rapidement sa campagne de désinformation et de propagande, en réponse asymétrique à la puissance économique de l'Occident », déclarent les chefs de la diplomatie des quatre pays de l'UE dans une lettre obtenue par l'AFP. « Au même moment, les médias libres en Russie sont supprimés par le gouvernement, intimidés et poussés hors de la vie publique, tandis que les médias étrangers font l'objet de discrimination et sont forcés à fermer », écrivent-ils.
Mais des sources diplomatiques ont indiqué à EUROPE que les travaux sur cette lettre étaient encore en cours dans les capitales concernées.
Cette lettre, adressée à la Haute Représentante, Federica Mogherini, souligne que la propagande russe « cherche à saper l'unité de l'UE et de l'Occident ». Elle appelle le SEAE (Service européen pour l'action extérieure) à préparer un plan pour 2015-2016 afin d'offrir des solutions de rechange pour le public russophone.
L'UE et l'Ukraine notamment reprochent à Moscou de mener une 'guerre de l'information' pour justifier son intervention en Ukraine. La Russie, pour sa part, a lancé une chaîne de télévision au Royaume-Uni et un service d'informations pour l'étranger baptisé 'Spoutnik'.
Les quatre pays signataires souhaitent que l'UE fournisse des informations crédibles pour offrir des alternatives aux populations russophones et à celles utilisant les médias d'État russes.
Les minorités russophones représentent environ un quart de la population en Estonie et en Lettonie, et près de 6% en Lituanie.
La promesse du président russe, Vladimir Poutine, de protéger ses compatriotes à l'extérieur de la Russie et son intention apparente de 'réécrire l'histoire de la région' font peur aux pays voisins, où le souvenir de décennies d'occupation ou de domination soviétique est encore vif. (LC)