Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - Deux économistes du groupe de réflexion Bruegel ont avancé, vendredi 9 janvier, plusieurs options pour réduire la dette grecque qui n'entraîneraient pas de pertes sèches pour les créditeurs. La combinaison des trois mesures déjà évoquées dans les cercles européens pourrait réduire jusqu'à 17% la valeur nette actuelle de la dette, selon leurs calculs.
Les trois premières options évoquées sont connues: réduire le taux d'emprunt sur le 'Greek Loan Facility', en étendre la maturité ou encore étendre la maturité des prêts du FESF, ancien fonds de sauvetage de l'eurozone, maintenant remplacé par un fonds permanent, le MES. La combinaison de ces trois options permettrait un bénéfice en termes de valeur nette actuelle de 17% de PIB grec. Prises ensemble, ces mesures se renforcent mutuellement, écrit Bruegel.
Une quatrième option étudiée par Bruegel sur la base d'articles de presse serait un prêt du MES pour que la Grèce puisse racheter les titres publics détenus par la BCE (dans le cadre du programme SMP). Cela aurait permis des rendements plus faibles, mais Bruegel estime que les titres détenus par la BCE sont sans taux d'intérêts pour la simple raison qu'il avait été décidé en 2012 par l'Eurogroupe la rétrocession des gains générés sur les titres grecs détenus par les banques nationales et la BCE. Cela augmenterait donc le coût du service de la dette grecque, et non l'inverse, souligne Bruegel.
Une cinquième option, également prise dans les médias, serait d'échanger les prêts à taux variables contre des prêts à taux fixe. Cependant, si cela se fait au taux du marché, cela ne réduira pas le fardeau de la dette sans occasionner une perte pour une contrepartie. Cela pourrait également mener à une augmentation du coût du service de la dette grecque. Échanger les prêts actuels contre des prêts indexés sur le PIB: si cela n'implique pas des pertes pour les prêteurs européens, cela ne réduira pas non plus la dette, écrit Bruegel. Enfin, la BEI, par exemple, pourrait racheter certaines entreprises publiques grecques et les préparer à la privatisation, puis les privatiser plus tard. En raison de certaines difficultés (incertitudes sur le volume des actifs et leurs valeurs, le temps et coût de préparation à la privatisation) travailler sur cette option prendrait un temps considérable.
Le possible ministre des Finances d'un gouvernement Syriza a dit vendredi sur la télévision grecque que le parti « pourrait » demander une extension de six mois du programme. (EL)