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Bulletin Quotidien Europe N° 11227
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) jai

Le Conseil européen du 12/02 consacré à la lutte contre le terrorisme

Bruxelles, 09/01/2015 (Agence Europe) - Alors que la France restait vendredi 9 janvier en état d'alerte après les attentats meurtriers contre Charlie Hebdo et une série de fusillades, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a annoncé que la lutte contre le terrorisme serait l'agenda prioritaire du prochain Conseil européen prévu le 12 février à Bruxelles.

« J'ai parlé au président (français, François) Hollande hier soir, et j'ai l'intention d'utiliser la réunion des chefs d'État et de gouvernement le 12 février pour discuter de la réponse que l'UE peut apporter aux défis » de la lutte contre le terrorisme, a dit M. Tusk à Riga, lors d'une rencontre avec le Premier ministre letton, Mme Laimdota Straujuma. « La terreur a frappé en Europe », a souligné M. Tusk. « L'UE ne peut pas tout faire, mais elle peut contribuer à renforcer notre sécurité », a-t-il estimé, rappelant la mise en place du mandat d'arrêt européen après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. « Mais nous devons faire plus ». Le Polonais a notamment appelé le Parlement européen à « accélérer son travail sur la proposition de directive européenne PNR (Passenger Name Record), qui peut aider à détecter les déplacements de personnes dangereuses ».

Ce dimanche 11 janvier, une réunion ministérielle internationale se tiendra déjà à Paris, à la demande du ministre français de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve. Le ministre américain de la Justice, Eric Holder, sera aussi présent, ainsi que le commissaire européen Dimitris Avramopoulos. Cette réunion n'accueillera que les ministres des pays les « plus concernés » par le terrorisme, comme la France, l'Espagne, l'Italie, l'Allemagne et le Royaume-Uni, a expliqué M. Cazeneuve.

Les prochaines étapes de la réponse européenne auront ensuite lieu à Bruxelles le 19 janvier, lors de la prochaine réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE et les 29 et 30 janvier à Riga, au cours des séances de travail de la réunion informelle des ministres de l'Intérieur de l'UE. Ce n'est qu'après toutes ces échéances que la Commission présentera son nouvel Agenda pour la sécurité intérieure, évoqué jeudi 8 janvier par M. Juncker.

D'ici là, les groupes politiques au PE pousseront également les dossiers qu'ils souhaitent voir aborder par les chefs d'État. Pour le PPE, la question du renforcement de l'espace Schengen va forcément se poser. Les États membres se sont déjà entendus au niveau de leur ministre de l'Intérieur le 9 octobre dernier pour renforcer les contrôles aux frontières extérieures de l'UE et renforcer le contrôle d'individus suspects. Cela pourrait éventuellement se formuler dans une modification du Code frontières Schengen, même si les ministres semblaient d'abord préconiser le recours à des 'guidelines'. La question de l'échange d'informations entre les services de renseignement sera aussi mise sur la table, certains groupes se demandant pourquoi les Européens sont parfois informés de projets d'attentats sur leur sol par…les services américains.

Les discussions à venir devraient se concentrer sur les moyens de renforcer le renseignement, la détection des djihadistes (une équipe spéciale d'enquêteurs et d'experts de l'Internet au sein d'Europol chargés de lutter contre les djihadistes a déjà été annoncée en octobre par la Présidence italienne, Ndlr) ou le suivi de leurs déplacements dans l'UE. Mais sur le PNR, la bataille s'annonce rude pour les États membres, face à des eurodéputés extrêmement soucieux de ne pas brader la vie privée des Européens pour les motifs sécuritaires. « Pour l'instant, nous ne sentons pas que les autres groupes sont prêts à lever leurs réticences », dit un porte-parole du PPE. Le projet de directive PNR, présenté par Cecilia Malmström en février 2012, est bloqué au PE depuis avril 2013 après son rejet en commission des libertés civiles du PE. Et à en croire les dernières discussions dans cette commission, notamment jeudi 8 janvier sur le sort de la directive 'rétention des données personnelles', les eurodéputés ne semblent pas encore prêts à accéder à la demande du Conseil. Les États membres ne ménagent toutefois pas leurs efforts. Ils avaient déjà prié le PE de lâcher du lest sur ce dossier lors de leur réunion de décembre et jeudi, c'est la Haute Représentante, l'Italienne socialiste Federica Mogherini, qui a plaidé en faveur de l'adoption de cet instrument. (SP)

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