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Bulletin Quotidien Europe N° 11198
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Réalité du rejet des conflits armés par l'Union européenne

La réduction des dépenses militaires est en cours. La plupart des médias évite de s'en occuper, mais, dans les faits, les pays de l'UE réduisent progressivement et sensiblement leurs forces armées et leurs dépenses militaires. Un exemple ? En Belgique, l'armée va probablement passer de 32 000 à 20 000 hommes et femmes. L'opération est en cours, les bases militaires d'Ypres et d'Arlon seront supprimées. Les soldats belges quittent actuellement le Liban (qui le regrette) et mettent fin à leur dernière mission ONU. Aux Pays-Bas, des mesures analogues sont en cours et leur concrétisation est annoncée comme rapide.

La réduction des dépenses militaires est aussi en discussion dans d'autres États membres, même si en France cela semble plus compliqué. En particulier, l'affaire des Mistral est loin d'être réglée. M. Poutine a déjà lancé les invitations pour la cérémonie de livraison du premier navire commandé en France !

De son côté, la Commission européenne, qui ne s'occupe pas directement des dépenses de défense, s'oppose au financement des coûts communs des opérations de l'UE ayant des implications militaires. La révision du système actuel Athéna pour le financement des coûts d'opérations militaires devrait être discutée ce 18 novembre par le Conseil Affaires étrangères/Défense.

L'UE n'oublie pas ses sources. Les ajustements nécessaires dans les États membres se dérouleront sans doute sans difficultés et, de toute manière, l'efficacité de l'OTAN et de la PSDC ne sont pas en discussion. Mais la tendance actuelle indique que les autorités européennes et les opinions publiques n'oublient pas la signification et l'objectif fondamental de la création de l'unité de l'Europe: éliminer pour toujours tout conflit entre les pays qui ont été à l'origine des deux guerres mondiales du siècle passé. Plus ou moins consciemment, cet état d'âme progresse. Jusqu'à présent, l'Europe unie est intervenue assez souvent dans des conflits, parfois avec des résultats négatifs: elle s'en dégage progressivement. Son intervention est encore très souvent demandée ; heureusement l'UE est de plus en plus réticente ; opinions publiques et autorités politiques sont largement sur la même ligne.

Rien à voir avec les conflits en cours. Actuellement, l'Europe évite de s'impliquer dans les conflits cruels et ignobles dans ce qui était autrefois la Syrie et qui débordent dans les pays voisins. En théorie, les participants sont quatre: la Syrie, les rebelles, les Kurdes et surtout le prétendu État islamique (Daesh). En réalité, les médias sur place parlent d'un millier de groupes armés, dont la plupart appartiennent en fait au grand banditisme. Les armes et les munitions envoyées par des pays européens ou par les États-Unis sont entre les mains de Daesh, devenu un trafiquant du pétrole trouvé sur place: le rappel à l'Islam dans sa dénomination n'est qu'une mascarade. On connaît les péripéties des conflits en cours, avec le mélange de races et de territoires revendiqués par l'un ou l'autre.

Le rôle de l'Europe n'est pas de prendre position. Elle peut apporter aide et soutien aux populations en difficulté. Mais participer aux conflits en tant que UE, en principe, c'est fini. Non seulement en Syrie et dans la région, mais progressivement partout. (FR)

 

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