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Bulletin Quotidien Europe N° 11196
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Éducation

Réforme de l'enseignement, l'UE peut mieux faire

Bruxelles, 13/11/2014 (Agence Europe) - La Commission européenne a publié, jeudi 13 novembre, la 3ème édition du rapport « Education and Training Monitor » qui évalue les progrès réalisés jusqu'ici par les États membres pour réformer et moderniser leur système éducatif, dans le cadre des objectifs de la stratégie 2020. Si des évolutions positives ont été constatées, il reste encore des efforts à fournir pour que les institutions soient à même de doter les jeunes des compétences exigées de nos jours par le marché du travail. « Les dernières analyses montrent que de nombreux États membres ont encore beaucoup de travail à fournir pour atteindre les objectifs d'EUROPE 2020 en matière d'éducation. Il y a eu des progrès, mais ils sont inégaux », a déclaré le commissaire responsable de l'Éducation, la Culture, la Jeunesse et le Sport, Tibor Navracsics. Le rapport est complété par 28 rapports nationaux qui évaluent la situation spécifique dans chaque État membre.

Le rapport montre que le taux d'élèves qui quittent prématurément l'école est tombé en moyenne à 12% en 2013. C'est 0,7 point de pourcentage de moins qu'en 2012, mais l'objectif d'atteindre moins de 10% n'est pas encore atteint. Du côté des diplômés de l'enseignement supérieur, le taux a grimpé d'un point de pourcentage en 2013 pour atteindre 36,9%, avec un objectif de 40% fixé pour 2020. « Les objectifs (…) sont à notre portée ; cependant, ces moyennes masquent de fortes disparités entre États membres et au sein des États membres », constate le commissaire Navracsics. Voici quelques constatations du rapport 2014:

1) Réductions budgétaires: dès 2012, 19 États membres ont réduit leur budget consacré au secteur éducatif. Six d'entre eux ont réduit ces financements de plus de 5% (Grèce, Espagne, Chypre, Hongrie, Portugal et Roumanie). D'autre part, des pays qui consacraient déjà relativement peu de ressources à l'enseignement ont encore réduit leur financement (Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ; 2) Employabilité: le taux d'emploi des jeunes diplômés stagne à 75,5%. Dans les États membres où les systèmes d'enseignement font le lien avec le monde du travail, ce taux est plus élevé ; 3) Égalité des chances: les inégalités socio-économiques et socio-culturelles continuent à avoir un impact négatif sur les résultats scolaires. C'est particulièrement le cas en Autriche, Bulgarie, République tchèque, Allemagne, Danemark, Hongrie, Luxembourg, Roumanie, Suède et Slovaquie ; 4) Décrochage précoce: de grandes disparités régionales sont enregistrées en Bulgarie, République tchèque, Pologne, Espagne, Royaume-Uni et Belgique. Par ailleurs, les garçons, les jeunes socialement défavorisés et les jeunes souffrant d'un handicap physiques sont les catégories d'étudiants les plus susceptibles de quitter prématurément l'école ; 5) Diplômés du cycle supérieur: il existe pour cet objectif aussi de fortes disparités entre régions d'un même pays. C'est le cas en République tchèque, en Roumanie et en Slovaquie ; 6) Connaissances de base: les progrès sont insuffisants concernant les connaissances de base des élèves de 15 ans en mathématiques et en sciences et pour la maîtrise de la langue maternelle. Encore une fois, les disparités sont parfois grandes entre États membres et les élèves défavorisés n'ont généralement pas un soutien suffisant pour acquérir ces connaissances ; 7) Compétences transversales: les efforts doivent se poursuivre pour l'acquisition de connaissances supplémentaires, en particulier les connaissances numériques et la connaissances des langues étrangères ; 8) Scolarisation précoce: dix États membres ont pris plus particulièrement la mesure des avantages d'une scolarisation précoce des enfants: Autriche, Bulgarie, République tchèque, Allemagne, Irlande, Italie, Pologne, Roumanie, Slovaquie et Royaume-Uni ; 9) Corps enseignant: onze États membres manquent d'enseignants qualifiés: Autriche, Belgique (francophone), Danemark, Allemagne, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Roumanie, Slovénie, Slovaquie et Suède. De manière générale, les États membres doivent rendre la profession plus attractive ; 10) Ressources éducatives libres: l'étudiant doit être placé au centre du projet pédagogique et les nouvelles technologies doivent intégrer les systèmes d'enseignement, mais les pays européens n'y ont pas encore suffisamment recours ; 11) Formation des enseignants: dix États membres en particulier doivent améliorer le niveau de compétences des professeurs de l'enseignement supérieur pour que les étudiants reçoivent une formation en adéquation avec les exigences du monde du travail: Autriche, Bulgarie, République tchèque, Estonie, Espagne, Hongrie, Italie, Lettonie, Roumanie et Slovaquie ; 12) Enseignement et formation professionnels: l'EFP et l'apprentissage jouent un rôle clé pour lutter contre le chômage des jeunes. Huit États membres en particulier doivent prendre ce facteur en compte, avec une référence particulière à la Garantie jeunesse (Bulgarie, Espagne, Croatie, Irlande, Italie, Pologne, Portugal et Slovaquie) ; 13) Formation continue: onze États membres doivent accorder plus d'importance à la formation continue des travailleurs pour combler le manque de personnel qualifié sur le marché du travail: Bulgarie, Estonie, Espagne, France, Irlande, Lituanie, Luxembourg, Pologne, Roumanie, Suède et Slovaquie ; 14) Reconnaissance des diplômes: le potentiel des instruments européens de reconnaissance des compétences n'est pas suffisamment utilisé. Il faut par ailleurs une meilleure reconnaissance mutuelle des qualifications par les États membres, qui doivent davantage coopérer. (IL)

 

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