Bruxelles, 13/11/2014 (Agence Europe) - La mise à l'arrêt, d'ici 2040, de 200 des 434 réacteurs nucléaires actuellement en activité dans le monde est un défi majeur pour les pays concernés, l'Europe en particulier, a souligné le chef économiste de l'Agence internationale à l'énergie (AIE), Fatih Birol, lors de la présentation du dernier examen prospectif annuel de l'AIE, mercredi 12 novembre.
À l'horizon 2040, la part du nucléaire dans la production d'électricité mondiale devrait croître d'un point pour atteindre 12% à l'horizon 2040, selon l'AIE. Compte tenu de la hausse de la demande mondiale d'électricité (2,1% par an), il s'agira toutefois d'une hausse de près de 60% de la puissance nucléaire installée, à 624 gigawatts contre 392 en 2013. Avec une modification profonde du parc mondial, les capacités installées devraient quasi décupler en Chine à 149 gigawatts, pour représenter 25% des capacités nucléaires mondiales, tandis que les États-Unis enregistreraient une faible croissance et l'UE et le Japon une décroissance (-14% pour la première).
L'Europe, qui verra la part du nucléaire dans sa production d'électricité passer de 27% à 21%, fera face à un double défi. D'une part, la gestion du démantèlement et des déchets. « Nous n'avons pas beaucoup d'expérience et je le crains, nous sommes mal préparés à gérer le démantèlement de 200 réacteurs, en termes de politique et de financement », a estimé M. Birol, soulignant aussi l'incapacité des pays recourant au nucléaire à définir une vraie politique de gestion des déchets. D'autre part, le problème de la compensation pour contenir le réchauffement climatique, compte tenu de l'apport du nucléaire à la réduction des émissions de carbone issues de la production d'électricité, le parc nucléaire actuel ayant, selon l'AIE, évité l'équivalent de deux années d'émissions de carbone depuis 1971. (EH)