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Bulletin Quotidien Europe N° 11196
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) Énergie

Le G20 continue de subventionner allègrement l'énergie sale

Bruxelles, 13/11/2014 (Agence Europe) - Les pays du G20 octroient en moyenne 88 milliards de dollars (70 milliards d'euros) de subventions par an pour financer l'exploration des énergies fossiles (charbon, gaz et pétrole), selon un rapport du think tank Overseas Development Institute et de l'ONG environnementaliste Oil Change International, publié mardi 11 novembre, à la veille du sommet du G20 à Brisbane (15-16 novembre).

Ces 88 milliards USD proviennent des investissements des entreprises d'État (49 milliards $), des fonds versés via des aides publiques directes et des exemptions fiscales (23 milliards $) et des financements par le biais de banques publiques et des institutions internationales (16 milliards $). À titre de comparaison, souligne le rapport, ce montant représente près du double de celui que l'Agence internationale de l'énergie (AIE) juge nécessaire pour fournir de l'électricité et de la chaleur pour toute la planète d'ici 2030.

Le rapport met en particulier en exergue le soutien public massif à la prospection d'énergies fossiles, via des entreprises d'État, aux États-Unis (5,1 milliards $ en 2013), en Australie (3,5 milliards $), en Russie (2,4 milliards $), au Royaume-Uni (1,2 milliard $ par an) - où les énergéticiens français Total et norvégien Statoil ont reçu respectivement 838 millions $ et 407 millions $ entre 2009 et 2014. Le Mexique et l'Inde (de 2 à 5 milliards $ d'aides par an), la Chine (9 milliards $), le Brésil (11 milliards $) et l'Arabie Saoudite (17 milliards $) octroient eux aussi des soutiens massifs.

Côté européen, le rapport note que l'Italie a deux subventions nationales qui incitent l'exploration des carburants fossiles, pour un total de 400 millions par an. La France continue d'accorder des subventions limitées (42 millions $ par an) et l'Allemagne, qui a une politique forte pour les renouvelables et a prévu la sortie du nucléaire, ne dispose pas de programme national d'aides visant spécifiquement l'exploration des combustibles fossiles, mais continue d'octroyer 2 milliards $ par an à son secteur minier.

Le rapport précise aussi que les 88 milliards $ annuels de subventions à l'exploration ne sont qu'une fraction des aides octroyées par les pays du G20 au secteur ; 775 milliards $ de subventions ont été octroyés à l'exploitation des énergies fossiles en 2012, contre 101 milliards $ pour les renouvelables en 2013.

Les pays du G20 avaient promis, en 2009, de mettre fin aux subventions 'inefficaces' pour l'exploitation des énergies fossiles, dont la production et la consommation sont jugées en partie responsables du réchauffement climatique, rappellent les deux organisations. Pourtant, malgré la hausse des coûts pour des réserves toujours plus difficiles à atteindre et la baisse des prix du pétrole et du charbon, des subventions généreuses soutiennent l'exploration de combustibles fossiles qui seraient autrement considérées comme non rentables. Et ce, alors qu'avec les coûts des énergies renouvelables en baisse et de meilleurs rendements, chaque dollar de subventions dans les renouvelables génère un investissement de 2,5 dollars, tandis qu'un dollar de subvention aux combustibles fossiles ne génère que 1,3 dollar d'investissement, déplore le rapport.

En octroyant des aides à l'exploration pour les combustibles fossiles, les pays du G20 créent un « scénario triplement perdant », avertissent les deux organisations: ils dirigent des fonds importants vers des ressources très carbonées et dont l'exploitation a des effets catastrophiques sur le climat et ce, au détriment des investissements dans des alternatives pauvres en carbone (les énergies solaire, éolienne et hydraulique). Enfin, ils sapent les perspectives d'un accord ambitieux sur le climat en 2015. « Si la communauté internationale veut atteindre son objectif de limiter le réchauffement à 2°C, au moins deux tiers des réserves prouvées de pétrole, gaz et charbon doivent rester inexploitées », conclut le rapport. (EH)

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