Bruxelles, 14/10/2014 (Agence Europe) - Des associations ont appelé la communauté internationale à aider les populations en Syrie et en Irak face à la menace de l'organisation État islamique (EI), lundi 13 octobre. Pour Thomas Schmidinger de l'organisation d'aide humanitaire LeEZA, il faut un corridor humanitaire pour approvisionner les civils et les combattants kurdes en nourriture et en armes. « En plus d'un corridor, ce qui est demandé ce sont des armes. La possibilité de se défendre contre l'EI », a-t-il expliqué lors d'une audition de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen sur la situation des droits de l'homme en Syrie, en Irak et dans les pays voisins. Les combattants veulent, selon M. Schmidinger, « une aide notamment aérienne de la part de l'Union européenne ». Mais « les attaques aériennes ne suffisent pas, il faut aussi prendre en compte l'aspect terrestre. S'il n'y a pas d'engagement extérieur, ce sont les combattants kurdes qui doivent s'en charger. Mais encore faut-il qu'ils aient un armement », a insisté M. Schmidinger. « L'EI est si fort et est dans un mouvement d'expansion si important qu'on ne peut pas envisager de coexistence avec lui ou de négocier un cessez-le-feu. Et plus on attend pour le défaire, plus ce sera difficile », a-t-il souligné.
« Nous ne demandons pas la guerre à l'État islamique, mais nous voulons pouvoir bénéficier d'une protection et, sans aide militaire, il n'y a pas cette protection. Nous voulons une protection politique, humanitaire, mais aussi militaire, les unes ne vont pas sans les autres », a souligné, pour sa part, la coprésidente de la Fédération européenne des Yézidis, Leyla Ferman. Elle a précisé que les Yézidis avaient besoin d'aide. « Une catastrophe humanitaire est à craindre ; s'il n'y a pas d'aide internationale, ce ne sera pas possible de passer l'hiver », a-t-elle expliqué.
Le chef de la section Moyen-Orient et Afrique du Nord de l'Office du Haut commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Frej Fenniche, a appelé à une réaction urgente de la communauté internationale. Il a rappelé la « responsabilité de protéger » des États. « Il faut une responsabilité et un engagement à protéger », a-t-il ajouté. Pour lui, la communauté internationale doit exercer une pression sur le gouvernement syrien et les groupes armés pour cesser les violations des droits de l'homme et avoir une solution politique. Ainsi, il faut « démilitariser le conflit », en arrêtant le soutien par les armes ou par de l'argent ou en permettant aux combattants étrangers d'un côté ou de l'autre d'accéder au pays. « Il faut arrêter l'assistance qui a provoqué encore plus de drames », a-t-il souligné. M. Fenniche s'est aussi étonné de ce que des milliers de personnes aient manifesté contre des caricatures du prophète Mahomet en 2005, mais que personne ne soit dans la rue pour critiquer l'État islamique. (CG)