Bruxelles, 14/10/2014 (Agence Europe) - L'Union européenne a salué, lundi 13 octobre, le « bon déroulement global des élections » du 12 octobre en Bosnie-Herzégovine, se félicitant également pour le niveau élevé de participation. Pourtant, seuls 53% des 3,3 millions d'inscrits se sont rendus aux urnes. « En attendant la confirmation des résultats définitifs, nous attendons avec impatience la formation précoce des institutions et des gouvernements de Bosnie-Herzégovine à tous les niveaux », a souligné le porte-parole de la Haute Représentante. Les élus « doivent commencer à travailler sur les principaux défis du pays dès que possible », a-t-il ajouté.
Vendredi 10 octobre, le porte-parole avait souligné que les développements dans le pays cette année « démontraient clairement quelles étaient les questions perçues comme prioritaires par les citoyens et montraient l'urgence avec laquelle celles-ci devaient être abordées ». « Les électeurs se tourneront vers ceux qui auront été élus pour apporter la réconciliation indispensable dans la société et en politique et pour relancer la dynamique positive permettant au pays de débloquer son potentiel réel, de combler l'écart avec le reste de la région et d'assurer le progrès vers l'UE », avait-il ajouté.
De son côté, le secrétaire général du Conseil de l'Europe, Thorbjørn Jagland, a souligné, lundi 13 octobre, que les élections semblent « avoir été conduites conformément aux normes techniques applicables aux élections libres et équitables ». Mais, « une fois encore, un nombre non négligeable de citoyens ont été privés de leur droit de se présenter à la plus haute fonction parce qu'ils appartiennent au “mauvais” groupe ethnique », a-t-il regretté. « Les organes nouvellement élus vont être confrontés à un défi colossal, celui de redresser la situation économique et d'améliorer les conditions sociales », a-t-il ajouté.
Le porte-parole de la Haute Représentante a précisé prendre note de la déclaration sur les observations préliminaires de l'OSCE/BIDDH, « qui a mené une observation complète et à long terme de ces élections ». La mission d'observation de l'OSCE a considéré que les élections s'étaient tenues dans un « environnement concurrentiel », mais que « la fracture interethnique et la méfiance » avaient été des « facteurs clés ». Les candidats ont pu faire campagne librement et les libertés fondamentales d'expression, d'association et de réunion ont été respectées, selon l'OSCE, qui ajoute aussi que le scrutin avait eu lieu d'une manière ordonnée, mais que certaines irrégularités techniques avaient été notées dans la journée, avec une détérioration importante du processus pendant le dépouillement. Le porte-parole a remercié la Commission électorale centrale de Bosnie-Herzégovine pour son travail. « Nous soutenons ses efforts pour le suivi des plaintes liées aux élections », a-t-il ajouté.
Les Bosniens étaient appelés à élire, pour un mandat de quatre ans, les trois membres de la présidence tripartite collégiale et les parlementaires des deux entités territoriales, la Republika Srpska (RS) et la Fédération croato-musulmane. Les habitants de la RS ont aussi désigné leur propre président. Le président sortant, Milorad Dodik, arriverait en tête. Les candidats soutenus par les principales formations nationalistes - musulmane, serbe et croate - auraient remporté la présidence tripartite. (CG)