Bruxelles, 14/10/2014 (Agence Europe) - Le comité spécial agriculture (CSA) de lundi prochain évoquera le sujet des aides compensatoires en faveur des pays de l'UE les plus touchés par l'embargo russe sur les produits laitiers de l'UE. C'est ce qui ressort des débats de lundi 13 octobre au Conseil Agriculture, qui a évoqué l'embargo russe et la situation du secteur du lait et des produits laitiers.
L'idée serait d'octroyer aux producteurs de lait des aides « très ciblées » dans les trois pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie) et, peut-être, la Finlande. « Il faudra des instruments financiers ciblés pour subvenir aux problèmes urgents rencontrés par les États baltes et la Finlande. Les pays baltes sont très affectés », a confirmé le commissaire européen Dacian Ciolos. À ce stade, on ignore les mesures qui pourraient être prises. Le montant de ces aides sera « limité », selon M. Ciolos.
L'application du principe de solidarité en faveur de ces pays a été généralement bien soutenue au sein du Conseil. L'Allemagne s'est montrée assez prudente sur ces aides ciblées. La France a soutenu ces aides, mais a insisté sur l'utilité surtout sur les outils de marché. La France, la Pologne et la Belgique ont demandé une hausse des prix d'intervention.
La Pologne a souligné qu'elle souhaite bénéficier aussi des mesures envisagées pour les pays baltes. Mais la Pologne ne rentrerait pas, à ce stade, dans les critères. 1er critère: les pays qui bénéficieront de ces aides sont ceux qui exportaient traditionnellement plus de 15% de leur production de lait vers la Russie, à savoir les trois pays baltes et la Finlande (alors que pour les autres pays ce pourcentage oscille entre 0 et 4%). 2ème critère: la baisse des prix. Parmi les pays exportant vers la Russie plus de 15% de leur production nationale, c'est dans les pays baltes que l'on constate les chutes de prix les plus sévères (baisse de plus de 20%) et des prix aux alentours du prix d'intervention, voire en deçà. Dans les pays baltes, la transformation du lait en autres produits que les fromages 'marché russe' semble très difficile. De plus, l'industrie dans ces pays limite l'accès aux mesures d'intervention et de stockage privé.
Restitutions à l'exportation. La Pologne a demandé aussi une série de mesures dans le secteur du lait, dont des restitutions à l'exportation et une modification du taux de matière grasse du lait (ce qui équivaut à une hausse des quotas de lait). Mais ces demandes ont été contestées au sein du Conseil. L'Allemagne, les Pays-Bas et la Suède se sont opposés au retour des subventions à l'exportation (la Commission n'y est pas favorable non plus). L'Espagne a soutenu la Pologne sur la demande de restitutions à l'exportation. Il n'y a pas de majorité en faveur d'une modification du coefficient de matière grasse. En outre, l'Espagne a soutenu la France sur la demande de hausse des prix d'intervention.
Réserve pour les crises agricoles. La France, l'Allemagne et l'Irlande ont fait part de leurs réticences à propos du projet (examiné ce mercredi 15 octobre au collège des commissaires, EUROPE 11175) de mobiliser, pour financer les aides aux producteurs touchés par l'embargo russe, la réserve pour les crises agricoles.
Effet des mesures dans le secteur du lait. L'impact des mesures prises début septembre pour stabiliser le marché (prolongation de l'intervention jusqu'à la fin de l'année, stockage privé pour le beurre, le lait écrémé en poudre et le fromage) n'est pas immédiat, mais elles ont participé à rassurer le secteur. Jusqu'à présent, un peu plus de 11 800 tonnes (t) de beurre, 5 600 t de poudre et 100 000 t de fromages ont été proposés dans le cadre du stockage privé.
Viande porcine. Dacian Ciolos a admis que ce secteur était à suivre de très près, car, autre effet de l'embargo, la conjoncture est difficile. La Commission n'exclut pas l'adoption de mesures, si nécessaire.
Fruits et légumes. Les Pays-Bas ont demandé de pouvoir utiliser, pour la tomate, l'article 222 du règlement sur l'organisation commune de marché (OCM), qui permet des dérogations aux règles de concurrence (en offrant des latitudes en matière de coordination entre organisations de producteurs). (LC)