login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 11161
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) pÊche

La situation des stocks de poissons s'améliore, mais reste fragile

Bruxelles, 23/09/2014 (Agence Europe) - La situation des stocks de poissons exploités dans les eaux de l'Union européenne reste « précaire », selon une analyse de l'Association française d'halieutique. Elle explique que la situation de nombreux stocks est mal connue et environ un tiers des stocks est surexploité ou en déclin. Seuls 17 stocks parmi les 144 étudiés peuvent être classés comme étant exploités de manière durable.

Les analyses scientifiques conduites par les experts du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM) ont été récemment compilées par le Conseil scientifique technique et économique des pêches (CSTEP), l'instance européenne habilitée à formuler des avis scientifiques concernant les ressources halieutiques. Ces analyses permettent de dresser un premier état des lieux 2014. « Soucieuse de promouvoir des principes de pêche durable et de faire connaître ces avis », l'Association française d'halieutique en a présenté une synthèse.

Parmi les 50 stocks évalués, 17 (soit un tiers) sont exploités conformément aux objectifs retenus par la politique commune de la pêche (PCP): la biomasse des géniteurs est supérieure au seuil minimum de précaution et la pression de pêche est modérée. La pression de pêche doit permettre au stock d'atteindre des niveaux de biomasse qui permettront à terme de produire le rendement maximal durable (ou RMD, à savoir la capture maximale que le stock peut produire sur le long terme). Parmi ces stocks jugés en bon état, on trouve certains très gros stocks de petits pélagiques, notamment le hareng de mer du Nord (avec un potentiel de capture estimé à 462 000 t) et le sprat de mer du Nord (227 000 t). Sont également concernés: la plie de mer du Nord (120 000 t), l'églefin de mer du Nord, le merlan de mer Celtique, le hareng de mer Celtique, la sole de Manche Ouest. Au total, ces 17 stocks représentent un potentiel de l'ordre de 936 000 t, soit presque la moitié (47%) des captures sous quotas dans la zone considérée.

À l'inverse, deux tiers des 50 stocks évalués (soit 33 stocks) ne remplissent pas les objectifs d'une gestion au RMD. Pour 27 d'entre eux, la pression de pêche est jugée trop élevée ; le stock est considéré comme étant surexploité. Pour 15 stocks, il existe donc un risque d'effondrement des biomasses. Neuf stocks cumulent à la fois une pression de pêche trop élevée et une biomasse trop faible. C'est le cas d'assez nombreux stocks de la zone Ouest Écosse et de mer d'Irlande, mais également de la morue de mer du Nord ou de la sole du golfe de Gascogne. Parmi les stocks surexploités, on trouve également les soles de mer Celtique, de Manche Est ou de mer du Nord, les plies de Manche Est et Ouest, la morue de mer Celtique, ou le bar de la zone nord. Au total, les 33 stocks classés surexploités et/ou dégradés représentent un potentiel de 530 000 t en 2015, soit 27% des captures sous quotas dans la zone Atlantique européenne. Il s'agit principalement d'espèces de fond, souvent à haute valeur commerciale.

Pour les 94 stocks restants, l'avis scientifique en matière de quotas de pêche s'appuie sur une évaluation partielle. Les scientifiques cherchent alors à caractériser les évolutions de manière qualitative. Les diagnostics sont les suivants: 24 stocks (qui représentent 16% du potentiel des captures) sont jugés en augmentation, 21 stocks sont stables (3% des captures) et 17 stocks sont en diminution (2% des captures). Enfin, pour 32 stocks (5% du potentiel de capture), les scientifiques n'ont pas été en mesure d'établir le moindre diagnostic.

L'Association française d'halieutique souligne que l'abondance des 17 stocks actuellement gérés conformément aux objectifs du RMD est en augmentation. La biomasse du stock de plie de mer du Nord a, par exemple, été multipliée par trois depuis 10 ans, celle du sprat a été multipliée par quatre et le merlan de mer Celtique a gagné 50%. Une bonne gestion se traduit ainsi par des stocks en meilleure santé, mais également par des propositions de quotas de pêche en augmentation. Ainsi, les quotas proposés en 2015 pour ces 17 stocks augmentent globalement de 7% par rapport à l'année 2014. « On peut s'attendre à ce que ces augmentations se poursuivent dans les années qui viennent car les stocks n'ont pas encore atteint la biomasse au RMD », écrit cette association.

Quotas 2015. Les groupes d'experts du CIEM ont formulé des recommandations concernant les quotas de pêche 2015. Les captures recommandées en 2015 pour 124 stocks atteignent un volume total de 1 932 000 tonnes. Elles sont en recul de 115 000 tonnes, soit 5,6% par rapport aux recommandations de l'année dernière. Cette diminution a deux origines différentes. Pour partie, elle découle de la mise en oeuvre de mesures de gestion plus rigoureuses, notamment avec l'entrée en vigueur des principes de gestion au RMD. Mais pour une autre partie, la baisse des quotas de pêche recommandés traduit une situation qui se dégrade, avec des biomasses et donc des potentiels de capture en diminution pour certains stocks. Les recommandations des experts vont vers une forte diminution pour: la morue de mer Celtique (-48%), la sole de Manche Est (-41%) et du golfe de Gascogne (-26%), le merlan de mer du Nord et Manche Est (-54 %), le bar de la zone nord (-57%), le lieu noir (-15%), la plie de Manche Est (-16%), le hareng de mer Celtique (-58%). (LC)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
POLITIQUES SECTORIELLES
ÉCONOMIE - FINANCES
INSTITUTIONNEL
ACTION EXTÉRIEURE