Bruxelles, 23/09/2014 (Agence Europe) - L'aide à la réhabilitation apportée par l'UE à Haïti après le tremblement de terre dévastateur du 12 janvier 2010 a été globalement bien planifiée, mais, faute de coordination et d'une gestion adéquate des risques menaçant la réalisation de ses programmes et la réalisation de leurs objectifs, ces programmes n'ont pas été mis en oeuvre de manière suffisamment efficace, estime la Cour des comptes de l'UE dans un rapport spécial (Special report No 13/2014) publié mardi 23 septembre.
Comme les autres donateurs, la Commission s'est heurtée à de sérieux obstacles qui ont compromis ses efforts de soutien. Gérer son aide en partenariat avec des autorités chancelantes tout en veillant à assurer une aide rapide n'était pas une mince affaire, reconnaît la Cour, convaincue néanmoins que la Commission aurait pu mieux faire. Pour l'avenir, durant les opérations menées dans les pays dans un contexte post-catastrophe ou en situation de fragilité, la Cour recommande à la Commission d'améliorer la gestion des risques ; d'adopter une stratégie commune pour établir des liens et créer des synergies entre l'aide d'urgence, l'aide à la réhabilitation et l'aide au développement ; de privilégier, en cas d'octroi d'un appui budgétaire, les fonctions et les réformes essentielles en matière de gestion des finances publiques et de prévoir, le cas échéant, des mesures à plus court terme pour protéger les fonds de l'UE contre le gaspillage, les pertes et l'inefficacité; de mettre en place des procédures de continuité des activités prévoyant des dispositions pour le redéploiement du personnel d'intervention.
Dix des treize programmes examinés par la Cour des comptes ont permis d'obtenir les réalisations prévues, ou le permettront probablement, quoique tardivement. Pour trois programmes, dont le programme d'appui budgétaire général au titre du 10ème FED (Fonds européen de développement), les progrès accomplis ont été limités. Le suivi des programmes était fondé sur un cadre approprié, mais la Commission et le Service européen pour l'action extérieure (SEAE) n'ont pas pris de mesures en temps opportun pour accroître les ressources de la délégation de l'UE, qui n'avait guère la capacité de réaliser des visites sur place, souligne la Cour. En outre, l'aide d'urgence, la réhabilitation et le développement n'étaient pas suffisamment liés faute d'une stratégie commune claire des Directions générales (DG) ECHO et EuropeAid pour le pays - stratégie qui aurait permis d'optimiser les synergies et d'assurer une transition en douceur entre les activités respectives des deux DG. (AN)