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Bulletin Quotidien Europe N° 11161
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) santÉ

Ebola, le risque de propagation est faible mais il faut être vigilants

Milan, 23/09/2014 (Agence Europe) - Le risque est faible de voir le virus Ebola se propager dans l'Union européenne, a rassuré le commissaire à la Santé, Tonio Borg, mardi 23 septembre à Milan à l'issue de la réunion informelle du Conseil Santé. Les États membres ne peuvent toutefois pas se permettre la complaisance et doivent rester préparés à répondre si une contamination devait quand même apparaître sur le territoire, a-t-il toutefois ajouté.

On a bien reçu le message de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), on a bien pris note des dernières évolutions de la maladie et de la manière de mettre en oeuvre des barrières pour éviter une propagation plus importante encore de la maladie, laquelle se poursuit malheureusement en Afrique de l'Ouest, a ajouté la ministre italienne de la Santé, Beatrice Lorenzin, qui présidait les discussions, en faisant allusion à la conférence de haut niveau tenue à Bruxelles la semaine dernière.

L'épidémie d'Ebola était 'l'invitée' de dernière minute de l'informelle santé à Milan, la propagation alarmante du virus sur le continent africain ayant contraint la Présidence italienne du Conseil à rajouter ce point à l'ordre du jour (EUROPE 11160). Les ministres présents et M. Borg ont écarté la possibilité d'un risque « imminent » de voir débarquer le virus sur le territoire de l'UE. Les personnes malades sont dans l'incapacité de voyager, les aéroports ont mis en place des mesures de contrôle strictes pour détecter quand même d'éventuelles personnes contaminées, la maladie n'est contagieuse que sous des conditions bien précises et les pays européens disposent de normes d'hygiène sévères, a expliqué le commissaire Borg.

Les pays européens restent toutefois vigilants et se préparent à toute éventualité. Ainsi, dans le cadre de la lutte de l'UE contre les menaces transfrontières graves pour la santé, le comité de sécurité sanitaire, organe informel de coordination, procède actuellement à la supervision, à l'échelle européenne, de la création d'un réseau de tests en laboratoire pour détecter toute apparition du virus. Les États membres qui n'ont pas les moyens de mettre en oeuvre de tels tests auront une assistance grâce à la coopération avec d'autres pays de l'UE, a indiqué le commissaire. D'autre part, les États membres se sont mis d'accord pour créer un réseau de centres où l'on peut traiter les malades atteints du virus. Enfin, le personnel médical européen dépêché en Afrique de l'Ouest doit avoir la garantie de pouvoir être rapatrié en Europe et de bénéficier de toute la batterie de soins nécessaires à leur traitement, a ajouté M. Borg. Le commissaire a précisé que ces mesures contribueraient à répondre à la lettre de l'OMS requérant plus de coordination au niveau mondial.

La ministre Lorenzin a, à ce titre, annoncé la tenue prochaine d'une grande réunion mondiale de tous les ministres compétents pour discuter de l'engagement humanitaire à poursuivre dans les pays touchés. « Il y a eu un accord unanime pour renforcer la coordination de nos efforts. (…) Cela se poursuivra en respectant toute l'autonomie des États membres en la matière », a souligné Mme Lorenzin. M. Borg a évoqué l'action déjà engagée par les commissaires Piebalgs et Georgieva en matière d'aide humanitaire aux pays touchés par le virus. L'UE s'est largement investie dans la lutte contre l'épidémie en mobilisant 140 millions d'euros via différents fonds, notamment le Fonds européen de développement, afin de fournir une aide sur le terrain. Trois laboratoires mobiles ont été créés sur place et de l'argent a été investi dans des projets à long terme, a-t-il rappelé, en précisant qu'il était indispensable de poursuivre l'aide aux pays africains touchés. Les systèmes de santé de ces pays « ne sont pas assez solides pour faire face à une telle situation d'urgence », a-t-il conclu.

Faisant enfin allusion à l'ignorance de la population quant aux vecteurs de contamination du virus (les fluides corporels), la ministre italienne a souligné l'urgence d'une éducation sur place des populations aux dangers de la contamination, en appui au soutien sanitaire sur place qui reste indispensable. (IL)

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