Strasbourg, 17/09/2014 (Agence Europe) - L'ancien patriarche de Mossoul, monseigneur Georges Casmoussa, a appelé, mardi 16 septembre, l'UE à aider l'Irak ainsi que les chrétiens et les Yézidis du pays, contre l'État islamique (EI). Il a qualifié la situation de génocide. « N'est-ce pas un génocide quand on chasse les gens de leur terre, de leur histoire, quand ils sont menacés d'être tués (…), quand ils sont poussés à s'exiler, à lutter contre leur personnalité, n'est-ce pas un génocide ? », s'est-il interrogé devant un petit groupe de journalistes dont EUROPE, en marge d'une conférence au Parlement européen. L'ancien patriarche de Mossoul, de 2000 à 2012, a ajouté qu'il y avait un « génocide physique » contre les Yézidis et dénoncé la vente de femmes comme « butin de guerre ». Il a appelé que les responsables des exactions soient poursuivis devant la Cour pénale internationale de La Haye.
Pour lui, « il faut renforcer la coalition irako-internationale pour libérer la plaine de Ninive le plus vite possible pour permettre le retour des populations ». « Il faut oeuvrer pour libérer les villes chrétiennes le plus tôt possible », a-t-il ajouté, indiquant qu'« il n'y (avait) pas encore de processus de libération sérieux ».
L'ancien patriarche de Mossoul, désormais au Liban, s'est dit favorable à l'envoi d'armes. « On ne peut pas libérer une terre sans avoir une force militaire », a-t-il expliqué. Pour lui, l'armée irakienne et l'armée régulière kurde « doivent recevoir le soutien des alliés en armes et en technique pour travailler au sol ». « Ce n'est pas un discours qui va libérer » ces villes, a malicieusement souligné Monseigneur Casmoussa. Il a aussi considéré que les jeunes chrétiens devraient participer à l'effort national contre l'EI.
M. Casmoussa a souhaité une « garantie internationale et locale » pour que les chrétiens, quand ils pourront retourner chez eux, puissent le faire dans des conditions de « paix », « sinon les autres populations vont les repousser et le scénario va se répéter ». Selon lui, sans cette garantie, sans une « présence militaire à long terme comme une force internationale de paix », les gens ne rentreront pas chez eux. « L'immigration massive en Occident (…) n'est pas la solution finale ni idéale », a-t-il aussi expliqué.
L'ancien patriarche a également mis en avant le côté humanitaire. De 100 à 120 000 chrétiens, soit « la totalité des chrétiens de la plaine de Ninive », ont dû fuir leur maison. « Les déplacés réfugiés ont besoin de tout, surtout d'habitats dignes », a-t-il expliqué, précisant que certains vivent à même le sol et souhaitant que des appartements provisoires leur soient trouvés. (CG)