Bruxelles, 17/09/2014 (Agence Europe) - Plusieurs députés ont critiqué la Présidence italienne du Conseil de l'UE et la Commission européenne pour n'avoir fait aucune nouvelle annonce ni fait le point sur la préparation du sommet de l'eurozone d'octobre, mercredi 17 septembre, lors d'un débat en session plénière.
« Vous êtes venus les mains vides », a déploré Dimitrios Papadimoulis (GUE/NGL, grec). Il a reproché au secrétaire d'État aux Affaires étrangères, Benedetto Della Vedova, de n'avoir « même pas pu dire quand sera la date du sommet de la zone euro » et au commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen, de n'avoir rien dit sur le plan d'investissement de 300 milliards d'euros sur 3 ans que la future Commission présentera dans les 3 mois suivant son intronisation (EUROPE 11100). « Il n'y a même pas de date pour le prochain sommet ! », a enchaîné Sven Giegold (Verts/ALE, allemand). Othmar Karas (PPE, autrichien) s'est dit « choqué par ce manque de préparation ».
Estimant qu'un débat plus substantiel sera possible lors de la prochaine session plénière, M. Della Vedova a prôné la poursuite des réformes dans les États membres et le retour des finances publiques à un niveau durable. La veille, le Premier ministre italien, Matteo Renzi, avait présenté au Parlement italien le programme des '1 000 jours' que son gouvernement compte appliquer pour faire repartir la croissance en Italie, alors que l'OCDE table sur une nouvelle récession dans le pays en 2014.
Le commissaire chargé de l'euro, Jyrki Katainen, a réitéré les fondements de la politique socio-économique à mener: - soutien à l'investissement, public et privé et aux niveaux national et européen, dans les secteurs innovants et la recherche ; - accélération des réformes structurelles, à la fois sur le volet de la demande et de l'offre, tout en protégeant les catégories de population les plus vulnérables ; - amélioration de la qualité de l'assainissement des finances publiques, dont le rythme moyen a faibli ces dernières années, en privilégiant la réduction des dépenses publiques et l'allègement de la taxation du travail.
À part le groupe PPE, les autres groupes politiques ont prôné une autre politique. Face à la croissance très faible, au risque de déflation et à un chômage et une pauvreté trop élevés, il faut changer de politique car « les solutions présentées par Commission ne fonctionnent pas », a estimé Maria João Rodrigues (S&D, portugaise), sans nier la nécessité de réformer les marchés du travail. Le président de la commission des affaires économiques et monétaires, Roberto Gualtieri (S&D, italien), a salué le fait que M. Katainen reconnaisse le besoin d'investissements. Au nom des Verts/ALE, le Belge Philippe Lamberts a, lui aussi, prôné des réformes, mais pas celles souhaitées par M. Kaitainen, qui « touchent les plus fragiles plutôt que les plus aisés ». Il faut des objectifs « contraignants » pour que les entreprises investissent en faveur d'une « Europe plus sobre en énergie », mais cela n'arrivera pas tant que « l'économie casino » et le crédit bon marché nourriront les bulles immobilières, a-t-il considéré. Et Marco Valli (ELD, italien) de critiquer le fait que les banques ne soient pas obligées de prêter à l'économie réelle. (MB)