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Bulletin Quotidien Europe N° 11151
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) tunisie

Mobilisation internationale pour assurer la transition économique

Bruxelles, 09/09/2014 (Agence Europe) - La conférence internationale sur l'investissement en Tunisie après la révolution, qui a eu lieu lundi 8 septembre à Tunis, a enregistré une forte participation de représentants de gouvernements et d'institutions régionales et internationales, dont l'UpM (Union pour la Méditerranée), mais aussi d'importantes sociétés du secteur privé. L'UE y était représentée par Michel Barnier, vice-président de la Commission européenne chargé du marché intérieur, et par le vice-président de la BEI, Philippe de Fontaine Vive. Le premier ministre français, Manuel Valls, était également présent, tout comme des ministres de gouvernements européens. Le fait marquant a été la présence conjointe des Premiers ministres d'Algérie et du Maroc pour signifier l'engagement dans une dimension maghrébine. 22 grands projets, dont 4 en partenariat public-privé, y ont été proposés dans les infrastructures, la création d'emplois et les secteurs technologiques.

La Banque européenne d'investissement (BEI) s'est engagée à cette occasion à apporter, selon son vice-président, « un soutien très concret à la transition économique » tunisienne. La BEI « est, et veut continuer à être, le premier financeur des projets de développement et des projets d'investissement en Tunisie ». La banque a signé à cette occasion un accord de financement de 230 millions d'euros pour la mise en exploitation dans le sud du pays d'une concession pour la production de gaz par une société autrichienne OMV et son acheminement par gazoduc jusqu'au port de Gabès, distant de 370 Km. La BEI aura ainsi passé avec la Tunisie des contrats de financements de nouveaux projets qui « vont nous permettre de dépasser le cap du milliard d'euros de financement depuis la révolution et de nous classer à un seuil de 500 millions d'euros de financement annuel », a précisé M. de Fontaine Vive.

L'UE a rappelé, quant à elle, son offre de décembre dernier, approuvée en mai 2014 par le Conseil et le Parlement, d'une assistance macro-financière sous forme d'un prêt à moyen terme de 300 millions d'euros à débourser en trois tranches, dont la première entre 2014 et 2015. Dans ses déclarations, telles que rapportées par les médias locaux, M. Barnier a affirmé que les principaux défis et clés de la réussite de la coopération sont la formation des jeunes, la liberté politique, l'adoption des lois nécessaires pour faciliter l'emploi et le développement de l'ambition industrielle. Il a, selon les mêmes sources, tenté de rassurer les milieux, notamment syndicaux, inquiets de l'ouverture commerciale que prône l'UE pour la Tunisie, en rappelant que l'Europe elle-même vivait cette expérience avec les États-Unis: « Ce que je sais, c'est que le prochain commissaire de l'UE chargé de l'économie travaillera pour concrétiser un échange gagnant-gagnant...mais je peux comprendre l'inquiétude des syndicats ; nous avons les mêmes préoccupations au sujet de l'ouverture tarifaire. Je peux vous assurer que l'UE veillera à faire garantir l'esprit gagnant-gagnant ».

La dimension maghrébine

Michel Barnier n'a pas manqué, au nom de l'UE, de souligner la dimension maghrébine de l'événement en appelant les pays du Maghreb tout comme l'Europe à prendre note de cette évolution future. « Tournons-nous vers l'avenir ». Il a souligné, « sans donner de leçons, comme l'Europe a eu parfois trop tendance à le faire dans le passé, mais simplement en partageant des expériences, l'importance de la constitution d'un marché commun regroupant la communauté des pays du Maghreb pour la prospérité et la stabilité de votre région. Votre présence ici, Messieurs les Premiers ministres du Maroc, d'Algérie, à l'invitation de votre homologue tunisien, me conduit à penser qu'il faut renforcer les efforts d'intégration régionale. Comme l'histoire de l'UE le montre clairement, plus encore que l'envie d'être ensemble, le développement de projets et d'institutions communes dépend de la capacité de susciter le besoin et l'intérêt d'agir ensemble. Nous sommes disponibles pour vous y aider, forts de l'expérience de la construction européenne depuis plus de 60 ans maintenant avec le marché commun. L'avenir ici aussi se situe dans la création d'un marché commun méditerranéen entre vous, avec des règles, des politiques communes et une mutualisation de vos économies. C'est là encore un projet d'avenir ! ». (FB)

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