Bruxelles, 09/09/2014 (Agence Europe) - Le Conseil de l'Union européenne a adopté par procédure écrite, lundi 8 septembre dans la soirée, de nouvelles sanctions à l'encontre de la Russie, mais il a décidé de repousser leur mise en oeuvre.
« L'entrée en vigueur par la publication au Journal officiel aura lieu dans les prochains jours », a expliqué le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. « Cela laissera le temps pour une évaluation de la mise en oeuvre de l'accord de cessez-le-feu et du plan de paix », a-t-il précisé, ajoutant que « selon la situation sur le terrain, l'UE (était) prête à revoir les sanctions convenues, dans leur totalité ou en partie ».
Initialement, la publication au Journal officiel de l'UE et l'entrée en vigueur des nouvelles sanctions étaient prévues pour le 9 septembre. Mais plusieurs pays, dont la Finlande, auraient été favorables à un report de cette mise en oeuvre afin d'observer l'évolution de la situation sur le terrain. « Quelle journée ! Les choses ne se passent jamais comme vous le prévoyez. Elles ont été réglées après de nombreux appels téléphoniques à travers l'Europe », a expliqué le Premier ministre finlandais, Alexander Stubb, via son compte Twitter le 8 septembre. « Il va de soi que la Finlande soutient la ligne commune de l'UE sur les sanctions contre la Russie. J'espère que les choses vont s'améliorer en Ukraine dès que possible et que les sanctions ne seront pas nécessaires », a-t-il ajouté.
Les ambassadeurs des États membres auprès de l'UE se rencontreront de nouveau, mercredi 10 septembre, pour faire le point de la situation.
M. Van Rompuy a rappelé que les mesures adoptées consistaient en « l'approfondissement des mesures ciblées du 31 juillet ». « Les sanctions visent à promouvoir un changement de cap dans les actions de la Russie visant à déstabiliser l'est de l'Ukraine et découlent du Conseil européen du 30 août qui a condamné les flux de plus en plus nombreux de combattants et d'armes en provenance du territoire de la Fédération de Russie vers l'est de l'Ukraine et l'intrusion des forces armées russes sur le sol ukrainien », a-t-il ajouté.
Ces nouvelles sanctions, dont le détail n'a pas été officiellement publié, devraient porter sur des mesures renforcées concernant l'accès aux marchés des capitaux, entre autres des grandes compagnies pétrolières russes Rosneft et Transneft, ainsi que les activités pétrolières de Gazprom. Sont aussi visés le secteur de la défense, les biens à double usage civil et militaire et les technologies sensibles. Des personnes supplémentaires devraient aussi faire l'objet d'un gel des avoirs et d'une interdiction de visa.
L'ambassadeur ukrainien auprès de l'UE, Kostiantyn Yelisieiev, a salué l'adoption de ces sanctions, appelant les États membres à mettre en oeuvre « cette décision importante sans délai » « afin de modifier le comportement de l'agresseur et de s'assurer que la partie russe remplisse les conditions clairement définies dans les conclusions du Conseil européen ». Parmi ces conditions, il a cité le retrait immédiat des moyens et des forces militaires russes de l'Ukraine, la fermeture de la frontière commune, son contrôle par l'OSCE afin d'arrêter le flux illégal des militants et des armements en provenance de Russie et la libération des citoyens ukrainiens emprisonnés illégalement en Russie. « Seule une combinaison intelligente des efforts diplomatiques et les pressions continues de l'UE sont en mesure de créer des conditions favorables à la mise en œuvre du plan de paix du président de l'Ukraine », a-t-il ajouté.
Par ailleurs, les présidents ukrainien, Petro Porochenko, et russe, Vladimir Poutine, se sont mis d'accord, lors d'un entretien téléphonique, pour poursuivre le dialogue en vue de mettre un terme au conflit, a annoncé le Kremlin. Les deux hommes ont poursuivi leurs efforts de coordination des actions pour soutenir le cessez-le-feu entre troupes ukrainiennes et rebelles pro-russes dans l'est de l'Ukraine conclu vendredi à Minsk, selon la présidence ukrainienne. (CG)