Bruxelles, 17/07/2014 (Agence Europe) - Le Conseil européen a échoué, dans la nuit de mercredi à jeudi, à s'accorder sur les successions de Catherine Ashton et d'Herman Van Rompuy respectivement aux postes de Haut Représentant pour les Affaires étrangères et de président du Conseil européen.
Les Vingt-huit se sont donc donné rendez-vous samedi 30 août pour un nouveau sommet. « Ce n'est pas dramatique du tout », a jugé M. Van Rompuy, optimiste sur la probabilité de parvenir à un accord à cette occasion. Selon lui, les discussions n'étaient pas mûres pour « un consensus sur un paquet entier ». Et d'expliquer qu'il n'avait jamais promis de décision lors de ce sommet, mais une simple discussion sur les consultations menées auprès des États membres ces derniers jours. D'aucuns estimaient pourtant, dans les couloirs du Conseil, que les travaux avaient été mal préparés par l'ancien Premier ministre belge.
Le paysage ne semble pas beaucoup plus clair après ce sommet. L'Italie a bataillé pour imposer sa ministre des Affaires étrangères Federica Mogherini à la succession de Mme Ashton. Sans succès. Les pays Baltes et la Pologne lui ont opposé un franc refus. Pour le Premier ministre italien, Matteo Renzi, ce n'est toutefois que partie remise. « Le poste de Haut Représentant sera socialiste. Il n'y a pas d'autre candidature que l'italienne », a-t-il dit. La France soutient l'Italie, a confirmé François Hollande. La chancelière allemande, Angela Merkel, a expliqué qu'il existait un « automatisme » dans l'octroi du poste de Haut Représentant aux socialistes, suite à la nomination du chrétien-démocrate Juncker à la présidence de la Commission européenne.
Les choses semblent encore plus complexes concernant la présidence du Conseil européen, revendiquée par plusieurs familles politiques. La 'favorite' des pronostics, la sociale-démocrate danoise Helle Thorning-Schmidt, s'est elle-même mise hors jeu. « Je suis Premier ministre du Danemark et je suis contente de l'être. Je veux le rester », a-t-elle expliqué à l'issue de la rencontre.
Ces atermoiements des Vingt-huit n'auront, quoi qu'il en soit, pas d'incidence négative sur la composition par M. Juncker du collège des commissaires, a assuré M. Van Rompuy. Selon lui, cela ne retardera pas trop le processus. « Nous avons demandé aux chefs d'État et de gouvernement de donner leurs noms le plus vite possible. On espère qu'ils le fassent avant la fin du mois pour que M. Juncker réfléchisse à la répartition des portefeuilles », a poursuivi le Belge. Les auditions des futurs commissaires interviendraient alors fin septembre. M. Hollande a promis un nom pour fin juillet et cela sera sans doute un homme, en l'occurrence Pierre Moscovici. M. Juncker est quant à lui prêt à composer sa liste de commissaires sans les États membres si ceux-ci devaient tarder à lui fournir leurs candidats, a averti l'entourage du Luxembourgeois. (SP avec MB/LC/MD/EL/CG/EH/IL)