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Bulletin Quotidien Europe N° 11123
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Cadre 2030, le Conseil veut un accord avant octobre

Milan, 16/07/2014 (Agence Europe) - En matière de lutte contre le changement climatique, l'Union européenne doit parler d'une seule voix sur la scène internationale et parvenir, en interne, à un accord avant le mois d'octobre sur le cadre d'action Énergie/Climat Horizon 2030, ont estimé les ministres de l'environnement des 28, réunis mercredi 16 juillet à Milan. Leurs échanges de vues informels tant sur le volet international de l'action climatique que sur les arrangements internes pour favoriser la conclusion, en décembre 2015 à Paris (COP 21), d' un accord climatique mondial ambitieux et juridiquement contraignant, ont permis des progrès pour donner corps à l'ambition affichée par le dernier Conseil européen (EUROPE 11110).

Les ministres sont parvenus à esquisser à grands traits le message univoque que délivrera l'UE au sommet climatique convié par Ban Ki-moon, le 23 septembre à New York. L'objectif est d'assurer la visibilité de l'UE et de rassurer les attentes des pays en développement lors de cet événement international destiné catalyser l'action et le niveau des engagements des chefs d'État et de gouvernement, de l'industrie, de la finance et de la société civile. Ils ont également exprimé un large soutien à la proposition législative du projet de cadre d'action Climat/Énergie 2020-2030 visant à établir une réserve de stabilité du marché du carbone à l'horizon 2021, dont l'Allemagne souhaite même que la mise en oeuvre soit anticipée à 2017.

S'exprimant devant la presse, Gian Luca Galletti, président en exercice du Conseil Environnement, a résumé les avancées engrangées en ces termes: « Nous avons préparé la participation de l'UE aux prochains rendez-vous internationaux, dont le premier - le sommet convié par Ban Ki-moon le 23 septembre -, pour avoir une position commune et parler d'une seule voix. Nous avons ressenti la volonté commune d'obtenir des résultats concrets après Lima - la dernière conférence avant la conférence de Paris. De nombreux États membres ont souligné l'importance d'aborder Paris avec un accord avant octobre, un accord ambitieux. C'est l'objectif de la présidence italienne ». De quoi rassurer Manuel Pulgar-Vidal Otalora, le ministre péruvien qui présidera la COP 20 (Lima, décembre 2014) et qui a participé à la session.

Dès l'ouverture de la réunion, M. Galletti avait appelé tous les ministres à renoncer aux égoïsmes nationaux. « Je crois que pour nous il est bien clair que le climat n'est pas une responsabilité que l'on peut affronter du seul point de vue technique, en se contentant de fixer des objectifs ou en signant des protocoles. C'est avant tout une responsabilité politique et morale qui pèse sur chacun d'entre nous. Il est essentiel qu'en octobre, les objectifs à atteindre en matière de réduction des émissions, d'énergies renouvelables et d'efficacité énergétique soient clairs. Il s'agit de choix délicats en raison de l'impact qu'ils pourront avoir sur les économies nationales », avait-il averti.

Connie Hedegaard, commissaire à l'Action pour le climat, est confiante. « Nous sommes en très bonne voie pour décider d'un nouveau paquet Climat/Énergie en octobre. Si l'on réussit à adopter cette décision que le monde attend de l'Europe, ce sera une réalisation majeure. C'est faisable », a-t-elle déclaré à la presse au vu de l'échange ministériel. « L'Europe fera son travail, mais il faut que toutes les grandes économies majeures fassent de même avant la fin du premier trimestre 2015 », a-t-elle ajouté. Le message fort et univoque que délivrera l'UE à New York portera sur « ce que l'UE fait déjà, le fait qu'elle a déjà dépassé son objectif 2020, et ce qu'elle compte faire pour l'avenir ». Mme Hedegaard s'est félicitée de ce que la chancelière allemande, Angela Merkel, ait annoncé, lundi à Berlin, lors du dialogue climatique ministériel de Petersberg, « une contribution substantielle de 750 millions d'euros » (1 milliard de dollars) au Fonds Vert pour le climat (opérationnel depuis la conférence de Varsovie, mais qui peine à se capitaliser). La commissaire assure que « de plus en plus de pays annonceront leur contribution » d'ici à novembre.

Interrogée sur la possibilité d'avancer la mise en oeuvre de la réforme structurelle de l'ETS, comme le souhaite l'Allemagne, Mme Hedegaard a rappelé que ce n'est pas prévu, mais pas exclu non plus. « Si beaucoup d'États membres veulent anticiper la mise en oeuvre, ce sera possible, mais il faudra une majorité qualifiée », a-t-elle indiqué. La commissaire se réjouit du « fort soutien » exprimé à la création proposée d'une réserve de stabilité du marché. Elle souligne que le calendrier de mise en oeuvre est important, étant donné qu'il faudra prendre en compte les recettes que les États membres pourront retirer de l'ETS dans le calcul du partage de l'effort entre les Vingt-huit. Il convient aussi que les États membres « se mettent d'accord sur les principes du partage de l'effort avant octobre ». (AN)

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