Bruxelles, 03/07/2014 (Agence Europe) - À partir de 2015, le Conseil des gouverneurs de la BCE se réunira en temps normal toutes les six semaines et publiera des informations sur la teneur de ses délibérations.
En conséquence, les périodes de constitution des réserves seront prolongées, leur durée passant à six semaines, afin de concorder avec le nouveau calendrier
Le président de la BCE, Mario Draghi, a reconnu, jeudi 3 juillet, que la décision de diminuer la fréquence des réunions du Conseil des gouverneurs, qui passera de 4 à 6 semaines, avait été prise « avec un œil sur la période de rotation » qui sera introduite dans le processus décisionnel de la BCE au moment de l'entrée de la Lituanie dans l'eurozone, en janvier 2015 (EUROPE 11105).
Cette fréquence présenterait plusieurs avantages: elle évitera de créer la confusion au sein des acteurs sur leurs attentes en matière de politique monétaire et générera le temps nécessaire pour produire les comptes-rendus des réunions du Conseil. Et M. Draghi d'ajouter: « la BCE ne devrait pas et ne peut pas prendre des décisions chaque mois » même si son action est loin d'être achevée.
Au cours du semestre à venir, l'institution européenne planchera sur la forme et le contenu que devront prendre les comptes-rendus de la réunion de la BCE. Faut-il publier des noms et doit-on mentionner toutes les propositions soumises au Conseil des gouverneurs ?, s'est ainsi interrogé M. Draghi.
Un mois après avoir fait évoluer certains taux directeurs, la BCE a décidé, jeudi, que le taux d'intérêt des opérations principales de refinancement ainsi que ceux de la facilité de prêt marginal et de la facilité de dépôt demeureront inchangés, à respectivement 0,15%, 0,40% et -0,10% (EUROPE 11095). Face à la faible inflation persistante, l'institution européenne rappelle que ses taux resteront bas pour une période prolongée.
Les opérations 'TLTRO' précisées. La BCE a précisé les modalités des opérations ciblées d'injection massive de liquidités bancaires (TLTRO) destinées à relancer l'octroi de prêts aux opérateurs économiques et, in fine, à ramener le niveau d'inflation, actuellement trop faible (0,5% en juin selon Eurostat), en ligne avec l'objectif à moyen terme (proche mais inférieur à 2%). En tout, les banques pourront bénéficier d'une enveloppe pouvant aller « jusqu'à 1 000 milliards d'euros », a indiqué M. Draghi. Les banques pourront participer à ces opérations - la première aura lieu en septembre et la seconde en décembre - seules ou en groupes. Elles seront en mesure d'emprunter jusqu'à 7% des encours de prêts aux entreprises non financières, les prêts hypothécaires étant exclus de ce calcul. Surtout, une clause sera introduite afin d'obliger les banques bénéficiaires à rembourser si elles ne prouvent pas qu'elles prêtent davantage aux entreprises.
Sondé sur l'éventualité d'un programme de rachat d'actifs publics et privés ('quantitative easing' à l'européenne) si les mesures déjà annoncées ne produisent pas leurs fruits, M. Draghi a prôné un marché de titres adossés à des actifs (ABS, asset-backed securities) « simple », comme l'était le marché européen dédié avant la crise financière, c'est-à-dire n'incluant pas de produits financiers dérivés et « transparent », afin de faciliter le processus de tarification. (MB)