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Bulletin Quotidien Europe N° 11105
INSTITUTIONNEL / (ae) conseil europÉen

Un mini-sommet des sociaux-démocrates

Bruxelles, 20/06/2014 (Agence Europe) - Huit chefs de gouvernement sociaux-démocrates se réuniront ce samedi 21 juin à Paris, sur invitation du président français, François Hollande, pour évoquer le prochain Conseil européen, en particulier la désignation de Jean-Claude Juncker comme prochain président de la Commission et les priorités de travail de l'exécutif européen pour les cinq prochaines années.

Seraient présents le chancelier autrichien, Werner Faymann, le Belge Elio di Rupo, la Danoise Helle Thorning-Schmidt, l'Italien Matteo Renzi, le Roumain Victor Ponta, le Slovaque Robert Fico et le Tchèque Bohuslav Sobotka. Le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, ministre de l'Économie, et Martin Schulz, ancien président du Parlement européen et candidat des socialistes européens à la Commission, seront également présents.

Plusieurs leaders socialistes ont indiqué qu'ils ne s'opposeraient pas au choix de M. Juncker à la tête de la Commission et qu'ils respecteraient le processus suivi par le Parlement européen. C'est le cas de Werner Faymann ou de François Hollande. D'autres, comme Matteo Renzi, réservent leur soutien aux accents qui seront donnés au programme de travail de la Commission, l'idée de l'Italie étant de rallier ses partenaires autour de règles budgétaires plus flexibles incluant une autre méthode de calcul des déficits publics. Les Français sont intéressés par la démarche, même s'il ne s'agit pas pour eux de remettre en cause la « règle des 3% », a dit le Premier ministre français, Manuel Valls, vendredi 20 juin. L'Italie ne fait en tout cas pas partie pour l'heure des pays qui pourraient rejoindre le Royaume-Uni de David Cameron pour constituer une minorité de blocage contre M. Juncker, même si le Britannique a promis de tout mettre en oeuvre pour bloquer M. Juncker et de « déclencher un vote sans précédent ». Herman Van Rompuy n'est en effet pas tenu d'organiser un vote pour désigner le candidat du Conseil européen pour la présidence de la Commission ; il peut simplement constater une majorité en faveur du candidat. Mais un État membre individuel peut demander à ce que se tienne un vote, ce que David Cameron semble visiblement prêt à faire. Selon des diplomates britanniques cités par Reuters, David Cameron pourrait essayer aussi de retarder la décision du Conseil sur M. Juncker et de la mettre dans le même paquet que les autres 'top jobs'. La chancelière allemande, Angela Merkel, a réitéré jeudi 19 juin son soutien à M. Juncker, tout en insistant sur le fait que les décisions devaient se faire dans un « esprit européen ».

La 'question Juncker' sera discutée vendredi 27 juin lors du déjeuner des dirigeants de l'UE. Pour le moment, M. Van Rompuy souhaite une décision sur la présidence de la Commission et remettre à plus tard le choix des autres « top jobs », même si des discussions sur le sujet ne sont pas exclues. Un nouveau nom a fait son apparition dans la presse française dans la liste des prétendants supposés au poste de président du Conseil européen, en l'occurrence celui de l'ancien Premier ministre français Jean-Marc Ayrault. Mme Thorning-Schmidt est également régulièrement citée. Jeudi à Berlin, Angela Merkel a jugé que le fait que le pays de cette dernière n'appartienne pas à la zone euro ne constituait pas un handicap pour ce poste, en soulignant par ailleurs que l'intéressée était « une super Premier ministre ».

Jeudi 26 juin à Ypres seront évoquées par les dirigeants de l'UE les priorités stratégiques de la prochaine Commission. Une contribution des huit chefs sociaux-démocrates à l'issue de leur sommet du 21 juin n'est pas exclue en vue d'alimenter ce débat. Les investissements, l'emploi (surtout celui des jeunes) et la croissance font notamment partie des priorités que les socialistes veulent mettre sur la table. (SP)

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