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Bulletin Quotidien Europe N° 11105
ÉCONOMIE - FINANCES / (ae) Économie

Offensive diplomatique italienne en faveur de la croissance

Luxembourg, 20/06/2014 (Agence Europe) - L'Italie consulte activement ses partenaires européens en vue de placer la croissance et la création d'emplois en tête des priorités politiques de l'action de l'UE.

L'évaluation selon laquelle « il faut renforcer la croissance » est partagée par les États membres, la Commission européenne et le FMI, a déclaré le ministre italien des Finances, Pier Carlo Padoan, vendredi 20 juin après la réunion des ministres européens des Finances. Selon le ministre italien, « le problème n'est pas de changer les règles (du Pacte de stabilité), mais d'utiliser les marges de manoeuvres pour les rendre plus efficaces au profit de la croissance ».

Alors qu'il s'apprête à prendre les rênes du Conseil Écofin, M. Padoan effectue une tournée européenne afin de consulter ses homologues sur les mesures qui pourraient être prises et les instruments à mobiliser pour stimuler la reprise économique, qui demeure fragile dans bon nombre de pays du sud de l'Europe, dont l'Italie. L'objectif est de créer un climat de « confiance » en vue de mener des discussions approfondies au cours de l'année, a dit l'ex-économiste en chef de l'OCDE.

M. Padoan a estimé qu'une croissance accrue était le meilleur moyen de réduire l'endettement public, un problème récurrent pour l'Italie. Il a fait référence au rapport du FMI sur l'eurozone qui prône de simplifier les règles budgétaires en les focalisant sur la réduction de la dette (voir autre nouvelle).

L'initiative italienne, crédibilisée par le succès du parti PD au pouvoir aux élections européennes, a reçu le soutien de la France. « Comment faire pour qu'il y ait plus de croissance et pour que les réductions des déficits se fassent dans des conditions porteuses de croissance ? », s'est demandé le ministre français Michel Sapin. La veille, il avait évoqué les investissements dans les grandes infrastructures et l'économie numérique ainsi que des « actions solidaires » entre pays de la zone euro à travers lesquelles les États qui seraient en excédent se lanceraient dans des « programmes d'investissement », tandis que les États en déficit réduiraient leur déficit public et réformeraient leur économie pour stimuler la compétitivité. Et d'estimer que ces sujets relatifs aux futures priorités de l'UE seraient « très vite décantés ».

La nécessité de réorienter les priorités de l'UE, au moment où la Commission européenne est en passe d'être renouvelée, pourrait figurer dans un document que soumettra le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, la semaine prochaine au sommet européen. Les chefs d'État sociaux-démocrates ont d'ailleurs rendez-vous, ce week-end à Paris, pour plancher sur ces questions (voir autre nouvelle).

Une autre hypothèse évoquée à Luxembourg consisterait en une formalisation des discussions sur la croissance lors du premier Conseil Écofin sous présidence italienne du Conseil de l'UE, début juillet. (MB)

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