Luxembourg, 20/06/2014 (Agence Europe) - Le Fonds monétaire international (FMI) constate que la zone euro a certes fait des progrès en retrouvant le chemin de la croissance, mais celle-ci n'est pas assez robuste et l'inflation est trop basse depuis trop longtemps. Il recommande un nouvel assouplissement de la politique monétaire de la BCE à travers le lancement d'un programme de rachat massif de dette souveraine.
Les mesures annoncées début juin (baisse de taux, injection de liquidité) vont dans le bon sens mais il est encore « plus rassurant que la BCE soit prête à faire plus si nécessaire » pour lutter contre « une faible inflation tenace », a déclaré la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, jeudi 19 juin en présentant le dernier rapport régulier sur la situation économique dans la zone de l'organisation financière internationale. Si la faible inflation demeure, la BCE devrait considérer « la mise en place d'un programme de rachat massif d'actifs, en particulier de titres souverains en fonction de la clé de répartition du capital de la BCE », indique le rapport du FMI, pour qui le lancement d'un 'quantitative easing' à l'européenne « accroîtrait la confiance, améliorerait la situation financière des entreprises et des ménages et stimulerait l'octroi de prêts bancaires ».
Union bancaire. Le FMI salue les progrès réalisés dans la concrétisation de l'union bancaire dans l'eurozone, alors que la BCE poursuit l'analyse de la solidité du secteur bancaire avant d'assumer la supervision directe de 130 établissements d'importance systémique à partir de novembre. Anticipant cette échéance, « les banques ont déjà levé des montants substantiels de fonds propres », constate le FMI. Néanmoins, en matière de résolution bancaire, il considère que des progrès restent à faire pour briser le lien entre difficultés bancaires et endettement des États, l'un des objectifs principaux de l'union bancaire. Selon lui, « le filet de sécurité financier en projet peut s'avérer insuffisant » dans la mesure où les ressources mises en commun ne suffiraient pas à affronter une crise financière impliquant des banques systémiques. En outre, l'instrument de recapitalisation bancaire par le Mécanisme européen de stabilité (MES), qui permettrait de soulager les finances publiques d'un État faisant face à des banques défaillantes, constitue certes « un pas dans la bonne direction » mais « les seuils fixés pour bénéficier d'un tel soutien sont trop élevés ». (MB)