Bruxelles, 20/06/2014 (Agence Europe) - L'Europe semble avoir perdu la bataille en termes de connectivité aérienne face au Golfe. Les trois hubs offrant des connexions internationales avec d'autres régions du monde sont désormais Dubai, Abu Dhabi et Doha. Il y a dix ans, les aéroports de Londres Heathrow, Francfort et Paris Charles de Gaulle dominaient le classement, devançant largement les pays du Golfe. Mais depuis 2004, les hubs européens ont perdu 10% de leur part de marché sur les connexions indirectes hors Europe, indique une étude réalisée par le Conseil européen des aéroports, ACI EUROPE, et présentée le 17 juin lors de l'assemblée générale de l'association.
« La connectivité ne peut être prise pour acquise », a commenté Arnaud Feist, le président d'ACI-Europe. « Notre rapport met en exergue que l'Europe est en train d'être dépassée en tant que hub aérien et ne sera plus longtemps un acteur significatif offrant une connectivité mondiale », s'alarme-t-il. Ce constat devrait être une sonnette d'alarme pour les gouvernements européens et les institutions européennes, en conclut dès lors M. Feist.
La réponse européenne devrait être un agenda propre pour la connectivité de l'aviation. Les aéroports européens plaident d'une part pour que la problématique grandissante de capacité des aéroports soit réglée sans tarder (une vingtaine de grands aéroports européens embouteillée d'ici 2035) et, d'autre part, pour que les accords aériens bilatéraux soient remplacés par des accords européens avec les blocs BRICS, MINT (Mexique, Indonésie, Nigéria et Turquie) et les pays de l'ASEAN en priorité. Enfin, un agenda politique pour l'aviation européenne devrait réduire le surplus législatif, notamment en matière de sécurité, plaident les aéroports. (MD)