Bruxelles, 17/06/2014 (Agence Europe) - Le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, est ouvert à l'exclusion des dépenses liées aux investissements d'avenir du calcul du déficit public.
« Personne ne peut accepter les déficits qu'on a aujourd'hui, mais, pour surmonter les déficits, il faut de la croissance, il faut de l'emploi. En fait, une des solutions pour avoir plus de croissance pourrait être la suivante: les coûts qui sont occasionnés par toutes les mesures de politique de réforme (...) ne devraient pas être pris en compte dans les critères de déficit », a déclaré le ministre social-démocrate, lundi 16 juin, lors d'un déplacement à l'usine Airbus de Toulouse.
M. Gabriel a vu dans un assouplissement des règles du Pacte de stabilité et de croissance « un accord à conclure » entre un État s'engageant dans un processus de réforme et l'échelon européen: « Ceux qui sont décidés à réaliser des réformes, il faut leur donner un peu plus de temps pour les réaliser et ensuite se conformer aux critères de déficit » public, a-t-il considéré.
Cette proposition ferait partie des débats sur les priorités de la prochaine Commission européenne qui prendra ses fonctions en novembre.
En Allemagne, son homologue chargé des Affaires européennes, Michael Roth, issu lui aussi du parti SPD, a précisé les types de dépenses qui pourraient être visés par des règles assouplies. « Nous devons traiter les dépenses d'avenir dans l'éducation, la recherche, les infrastructures et l'emploi autrement que comme des dépenses de l'État », a-t-il estimé, cité par Les Échos. Et d'ajouter: « Sinon, les pays endettés n'arriveront même plus à investir dans l'avenir ».
Cette position est partagée de longue date par l'Italie. Au plus fort de la crise de la dette souveraine, le Premier ministre italien, Mario Monti, avait plaidé dès 2012 pour un assouplissement similaire du Pacte.
Ces deux déclarations de ministres sociaux-démocrates ne constituent pas la nouvelle position officielle du gouvernement allemand de coalition. Il faut encore convaincre le ministre chrétien-démocrate des Finances, Wolfgang Schäuble, pour qui le Pacte de stabilité actuellement en vigueur est suffisamment flexible.
La Commission européenne n'est pas très encline à ouvrir un nouveau chantier législatif. Interrogé début juin sur la possibilité de modifier le Pacte afin de stimuler les investissements dans la recherche et l'innovation, le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, avait estimé qu'une telle démarche conduirait à 'compartimenter' les règles européennes et « irait à l'encontre des principes de simplification et de rationalisation » des règles budgétaires (EUROPE 11097). Et de préconiser une consolidation budgétaire qui soit aussi propice que possible à la croissance, avec la recherche et l'innovation au coeur de cette stratégie. (MB)