Bruxelles, 17/06/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Finances de la zone euro donneront leur feu vert à l'entrée début 2015 de la Lituanie dans la zone euro, jeudi 19 juin à Luxembourg.
Il existe « un degré très élevé de consensus » entre les États membres sur l'adhésion de la Lituanie à la zone euro, a déclaré un haut fonctionnaire européen, lundi 16 juin. L'appréciation positive de l'Eurogroupe sera automatiquement reprise à son compte par le Conseil Écofin, vendredi. Celui-ci transmettra au Conseil européen des 26 et 27 juin un courrier exposant les motifs pour lesquels la Lituanie est apte à devenir, au 1er janvier 2015, le dix-neuvième pays de la zone euro.
Selon les rapports de la Commission européenne et de la BCE, Vilnius remplit les critères de convergence (EUROPE 11094). Sur la période de douze mois achevée en avril 2014, le taux d'inflation moyen en Lituanie a été de 0,6%, soit nettement en deçà de la valeur de référence fixée à 1,7%. Le déficit lituanien s'est élevé à 2,1% en 2013 et devrait rester à ce niveau en 2014, tandis que la dette publique, à 39,4% du PIB, est largement inférieure à la limite fixée à 60% du PIB. Quant au mécanisme de change, le litas lituanien ne s'est pas écarté sensiblement du taux pivot du mécanisme en deux ans. Enfin, depuis avril 2013, le taux d'intérêt moyen à long terme lituanien s'est établi à 3,6% (valeur de référence de 6,2%).
Après le feu vert attendu du Conseil européen, la Commission européenne présentera, début juillet, le taux de change définitif entre le litas et l'euro.
L'Eurogroupe discutera de la situation économique dans la zone euro en débattant du rapport périodique du FMI (article 4), en présence de la directrice générale du FMI, Christine Lagarde. D'après un haut fonctionnaire, Européens et FMI sont sur la même longueur d'onde concernant la nécessité de poursuivre une consolidation budgétaire différenciée et propice à la croissance.
Pacte de stabilité. Les ministres feront également le point sur les programmes de stabilité et de réformes des Dix-huit, sur la base des recommandations spécifiques par pays que la Commission européenne a présentées début juin (EUROPE 11092), ainsi que sur la mise en oeuvre des programmes d'ajustement économique qu'appliquent les pays recevant une aide financière.
Sur le Portugal, qui a achevé mi-mai son plan de sauvetage, le haut fonctionnaire n'a pas vu de difficulté particulière à ce que le gouvernement portugais attende que la Cour constitutionnelle nationale se prononce sur toutes les affaires lui ayant été adressées avant de proposer des mesures compensatoires en vue de combler le trou budgétaire pour 2014 (EUROPE 11100). À condition que le délai supplémentaire ne dépasse pas « 2 à 3 mois », a-t-il souligné. Face aux recours récurrents déposés auprès de la Cour constitutionnelle, le gouvernement portugais réfléchirait à l'opportunité de soumettre ex ante à la Cour le projet de budget pour l'année suivante afin d'éviter les recours ultérieurs.
Le programme d'ajustement économique que Chypre applique en échange d'une aide financière continue d'être dans les clous. Les ministres devraient approuver les résultats de la 4ème mission de suivi, ouvrant ainsi la voie au décaissement, début juillet, d'une tranche d'aide de 600 millions d'euros.
Grèce. Les ministres accueilleront le nouveau ministre grec des Finances, Gikas Hardouvelis, qui présentera les priorités économiques de son gouvernement. Il partira toutefois bredouille, car aucun accord n'est attendu sur le versement de la prochaine sous-tranche d'un milliard d'euros. Six conditions ont été attachées à un déblocage et certaines mesures attendues pour fin mai n'ont pas encore été mises en oeuvre totalement. Et ce haut fonctionnaire d'espérer que les jalons spécifiques devant être mis en oeuvre en mai le seront pour « fin juin ». Six autres actions préalables, qui doivent être mises en oeuvre pour fin juin, devront permettre de débloquer une 2nde tranche d'un milliard d'euros. La mise en oeuvre de ces douze travaux du gouvernement grec déterminera le calendrier des versements, qui pourraient en principe avoir lieu ensemble en juillet. Une mission technique de la 'troïka' est par ailleurs attendue à Athènes le mois prochain.
Le même haut fonctionnaire a par ailleurs confirmé que les experts nationaux, réunis au sein de l'Euro Working group, avaient questionné leur homologue grec sur le départ soudain du secrétaire général aux revenus publics, M. Theoharis (EUROPE 11101). Et d'insister sur le fait que le processus de sélection de son successeur devrait être « ouvert et transparent ».
La question de l'allègement du fardeau de la dette sera par ailleurs abordée dans le contexte de la prochaine mission de la 'troïka'.
MES. Le Mécanisme européen de stabilité tiendra, jeudi, son assemblée générale annuelle. À noter que l'accord de l'Eurogroupe sur les lignes directrices relatives à la recapitalisation bancaire directe ne prévoit plus l'option de la rétroactivité qui aurait permis de soulager la dette d'un pays de la zone euro étant intervenu pour sauver son secteur financier avant la concrétisation du mécanisme de supervision unique. (MB et EL)