Bruxelles, 05/06/2014 (Agence Europe) - Les dirigeants du G7 se sont engagés, mercredi 4 juin, à « intensifier leurs efforts pour répondre à la menace que constituent les combattants étrangers qui se rendent en Syrie ». « Nous avons décidé d'une coopération pour prévenir, dissuader, punir et surveiller ce type de comportement qui peut mettre en cause notre propre sécurité », a expliqué le président français, François Hollande, précisant que cela pouvait nécessiter une adaptation de législation. « Notre plus grande menace, c'est le terrorisme », a souligné le Premier ministre britannique, David Cameron, ajoutant que la réponse devait être « difficile, patiente et intelligente ». Il a ajouté qu'il fallait faire plus pour travailler avec les pays voisins de la Syrie.
Dans leur déclaration commune, les chefs d'État et de gouvernement ont également dénoncé l'élection présidentielle du 3 juin, remportée à 88,7% par Bachar Al-Assad, qu'ils ont qualifié de « simulacre ». Pour M. Hollande, « ce scrutin n'a aucune valeur ». « Il n'y a pas d'avenir pour Assad en Syrie », ont lancé les dirigeants, souscrivant une nouvelle fois au Communiqué de Genève. « Seulement un engagement clair de toutes les parties à un véritable processus politique peut ouvrir des perspectives pour la stabilité et la paix en Syrie », a rappelé le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy.
Les dirigeants ont fermement condamné la « brutalité du régime d'Assad » et les violations du droit international humanitaire et des droits de l'homme, les tirs d'artillerie et les frappes aériennes aveugles du régime syrien. « Il est prouvé que des groupes extrémistes ont également commis de graves violations des droits de l'homme. Tous les responsables de tels abus devront en rendre compte », ont-ils ajouté, saluant l'engagement de la Coalition nationale et de l'Armée syrienne libre à respecter le droit international. Profitant de l'absence du président russe Vladimir Poutine, les membres du G7 ont déploré le veto de la Russie et de la Chine sur un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies autorisant la saisine de la Cour pénale internationale et demandant que les responsables des crimes graves rendent des comptes.
« Profondément préoccupés » par les accusations d'utilisation répétée d'agents chimiques, les leaders ont appelé toutes les parties à coopérer sans réserve avec la mission d'enquête de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), et demandé à la Syrie de se conformer à ses obligations pour que son stock résiduel d'armes chimiques puisse être rapidement enlevé en vue de sa destruction.
Le G7 a également exhorté toutes les parties au conflit à permettre l'acheminement de l'aide humanitaire, « par la voie la plus directe, y compris à travers les frontières et les lignes de conflit », se disant favorables à une nouvelle initiative urgente du Conseil de sécurité des Nations unies à cet effet. Les membres du G7 sont déterminés à aider les pays voisins à supporter le poids de l'afflux de réfugiés syriens et appelé la communauté internationale à répondre aux appels des Nations unies sur les énormes besoins de financement pour la Syrie et ses voisins. (CG/MB)