Bruxelles, 05/06/2014 (Agence Europe) - Le G7 semble avoir entendu le dernier avertissement du GIEC. Conscient de l'urgence d'agir pour maintenir la hausse moyenne de la température terrestre en dessous de 2 degrés Celsius par rapport à l'ère préindustrielle, il a confirmé, jeudi 5 juin à Bruxelles, sa détermination à adopter en 2015 à la conférence onusienne de Paris (COP 21, décembre 2015) un accord climatique mondial ambitieux, ayant force de loi et applicable à tous les pays.
Les membres du G7 confirment à cet égard leur intention de présenter leurs offres de contributions respectives à l'effort collectif avant le 31 mars 2015, pour ceux qui seront prêts, et appellent les autres parties à faire de même. Ils affichent le même niveau d'ambition pour la réussite du sommet préparatoire convié par le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, le 23 septembre à New York.
Ils réaffirment aussi leur engagement, pris en 2009, de mobiliser d'ici à 2020, avec des financements publics et privés, 100 milliards de dollars par an pour aider les pays en développement à lutter contre le changement climatique et à s'adapter au phénomène.
S'exprimant devant la presse, Herman Van Rompuy, président du Conseil européen, a souligné l'importance de « coordonner l'approche pour un succès à Paris » et confirmé que la décision sur l'offre européenne serait prise au Conseil européen d'octobre. Rappelant qu'« à des fins de protection environnementale et de sécurité de l'approvisionnement énergétique il est tout à fait important que l'on muscle nos efforts pour atteindre les objectifs en matière de changement climatique ». José Manuel Barroso, président de la Commission, s'est montré « optimiste » pour la conférence de Paris: « On a vu autour de la table que c'était vraiment la date cible. Nous espérons atteindre un accord multilatéral », a-t-il dit,
La satisfaction est grande chez François Hollande, président du pays hôte de cette conférence décisive. « Pour la France, il était très important d'avoir l'appui du G7 par rapport à l'objectif qui doit être la réussite de la conférence sur le climat, fin 2015. Le président Obama a déjà fait des annonces fortes pour réduire la place du charbon dans le fonctionnement des centrales électriques aux États-Unis et pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Les Européens, qui se sont déjà mobilisés par rapport à cet enjeu, vont devoir prendre de nouvelles décisions en octobre », a déclaré le président français. Et d'ajouter: « La Chine est consciente de ce que peuvent représenter le réchauffement climatique et ses conséquences ; elle peut aussi favoriser l'aboutissement de cette conférence. Et puis il y a les pays qui sont les plus concernés, les plus frappés, l'Afrique, l'Asie, qui seront aussi mobilisés».
Le président Barack Obama a assuré que les États-Unis « continueront à prendre leur juste part », comme en témoigne l'annonce faite il y trois jours d'une réduction de 17% des émissions des centrales électriques américaines à l'horizon 2030 par rapport à 2005. « C'est la première fois que nous aurons des objectifs », a-t-il fait valoir. Et de rappeler que « toutes les nations doivent prendre leur juste part, toutes les économies majeures, y compris la Chine ».
La chancelière Angela Merkel, dont le pays assure désormais la présidence du G7, fera du changement climatique une priorité pour le sommet des pays les plus industrialisés de juin 2015. (AN avec EH, MB, CG)