Bruxelles, 05/06/2014 (Agence Europe) - Les leaders européens présents au sommet du G7 ont focalisé leur attention, jeudi 5 juin, sur la définition du projet pour l'Europe, refusant de se laisser enfermer dans la question des noms des personnalités qui occuperont les principaux postes européens d'ici à fin 2014.
« L'objectif n'était pas de parvenir à un consensus, mais d'échanger des opinions sur le processus, non seulement sur les personnes, mais aussi sur la substance », a déclaré le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy. Il débutera, la semaine prochaine, ses consultations avec les présidents des principaux groupes politiques du Parlement européen.
« Sur le programme, il s'agit d'élaborer une position commune », a indiqué la chancelière allemande, Angela Merkel. La tâche paraît ardue. « Pour moi, ce qui est important, c'est le renforcement de la coopération au sein de l'Union économique et monétaire ; pour le Royaume-Uni, c'est le principe du 'Mieux légiférer' ; pour François Hollande, comme pour nous tous, c'est la croissance et la compétitivité », a indiqué la chancelière. Rejetant l'allégation selon laquelle ces débats visent à faire des concessions au Royaume-Uni, elle a réitéré que Jean-Claude Juncker était le candidat du parti chrétien-démocrate PPE, une position qu'elle a défendue lors du dernier sommet européen, mardi 27 mai. « Lors du dernier sommet, j'ai dit qu'il fallait donner du temps au temps en se concentrant d'abord sur le programme. Il faut être rapides mais aller au fond des choses. Je l'ai répété au Bundestag: Jean-Claude Juncker est notre candidat », a-t-elle souligné.
Clairement, pour de nombreux leaders, la séquence qui s'ouvre en Europe représente l'opportunité de donner une nouvelle direction à l'Europe, le choix des noms découlant des priorités qui seront arrêtées.
« Il faut une personnalité, un homme ou une femme, qui soit en mesure de représenter la mission que l'on veut assigner à l'Europe. Les politiques de rigueur et d'austérité ont montré leurs limites. Aujourd'hui, nous devons avoir conscience qu'il faut tourner une nouvelle page. Les noms doivent être la conséquence de ce raisonnement », a considéré le président du Conseil italien, Matteo Renzi. Et de prévenir: « Démarrer une guerre des noms sans parler d'abord du projet est le meilleur moyen de marquer un but contre son camp et de renforcer la position des partis anti-européens ». L'Italie serait à l'origine d'un document sur les priorités thématiques pour l'UE soumis à plusieurs délégations.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, a évoqué le résultat des élections européennes, avec notamment la victoire en France et au Royaume-Uni de partis europhobes et eurosceptiques. Sur cette base, « soit vous enfouissez votre tête dans le sable, soit vous avez une stratégie », a-t-il indiqué. Ma stratégie, c'est d'« avoir des personnalités qui comprennent le besoin du changement, de réformes », a-t-il ajouté, persuadé que cette position est « largement partagée » au sein du Conseil européen. Et de réitérer la volonté du Royaume-Uni de rapatrier certaines compétences européennes avant de soumettre la nouvelle relation entre son pays et l'UE aux citoyens britanniques par référendum à l'horizon 2017.
J.C. Juncker au groupe PPE du PE. Jeudi, M. Juncker a présenté ses priorités devant le groupe PPE au Parlement européen. Selon les comptes Twitter de plusieurs eurodéputés PPE, il a promis que, s'il était nommé à la tête de la Commission, il ne serait pas le secrétaire général du Conseil européen. Et l'ancien Premier ministre luxembourgeois d'assurer vouloir tout faire « pour garder le Royaume-Uni en tant que membre constructif de l'UE, mais cela ne doit pas être une discussion à sens unique ». (MB, AN, CG, EL)