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Bulletin Quotidien Europe N° 11095
SOMMET DU G7 / (ae) ukraine

Le G7 appelle la Russie à la désescalade et menace de sanctions

Bruxelles, 05/06/2014 (Agence Europe) - Les dirigeants du G7 ont appelé, jeudi 5 juin, la Russie à prendre des mesures pour contribuer à la désescalade en Ukraine, la menaçant de nouvelles sanctions, si besoin. « L'annexion illégale de la Crimée par la Russie et les actions pour déstabiliser l'est de l'Ukraine sont inacceptables et doivent cesser », ont-ils rappelé dans leur déclaration finale. Les leaders ont ainsi demandé à Moscou de retirer la totalité de ses forces militaires à la frontière avec l'Ukraine, de faire cesser les flux transfrontaliers d'armes et de militants et d'« exercer son influence sur les séparatistes armés pour qu'ils déposent les armes et renoncent à la violence ». Ils ont par ailleurs lancé un appel aux groupes armés illégaux pour qu'ils déposent les armes. « Nous demandons à la Fédération de Russie de respecter les engagements qu'elle a pris dans la déclaration conjointe de Genève et de coopérer avec le gouvernement de l'Ukraine dans la mise en oeuvre de ses plans de promotion de la paix, de l'unité et de la réforme », ont ajouté les dirigeants.

Ils ont aussi appelé Moscou à reconnaître les résultats de l'élection présidentielle du 25 mai, remportée par Petro Porochenko. « La Russie devrait reconnaître et pleinement s'engager avec les autorités ukrainiennes, à savoir le président nouvellement élu, M. Porochenko », a insisté le président de la Commission, José Manuel Barroso. Le président russe, Vladimir Poutine, « doit reconnaître la légitimité de M. Porochenko », a insisté le Premier ministre britannique, David Cameron. Pour la chancelière allemande, Angela Merkel, le fait qu'un représentant russe devrait être présent à l'investiture du président ukrainien, le 7 juin, montrerait « une certaine forme de reconnaissance ». MM. Porochenko et Poutine assisteront tous deux aux événements commémoratifs du 6 juin, en France. « Le 6 juin, ce sera une commémoration qui évoquera la guerre, mais qui pourrait aussi permettre de préserver la paix pour aujourd'hui et demain », a souligné le président français, François Hollande. Par ailleurs, M. Poutine rencontrera, séparément, Mme Merkel, MM. Hollande et Cameron.

« Si M. Poutine prend de nouvelles mesures positives, il pourrait être possible de commencer à rétablir la confiance. Dans le cas contraire, il existe une possibilité pour d'autres étapes de sanctions », a prévenu le président américain, Barack Obama, laissant un délai de « 3-4 semaines ». Ainsi, les membres du G7 ont annoncé qu'ils étaient « prêts à intensifier les sanctions ciblées et à appliquer des mesures restrictives d'envergure en vue d'imposer des coûts supplémentaires à la Russie, si les événements l'exigeaient ». Ils ont aussi confirmé leur décision d'infliger des sanctions aux personnes et aux entités qui ont « soutenu activement ou mis en oeuvre la violation de la souveraineté et de l'intégrité territoriale de l'Ukraine et qui en menacent la paix, la sécurité et la stabilité ». « Il ne s'agit pas de menaces, nous cherchons des solutions en passant par la négociation », a tempéré Mme Merkel.

Le G7 salue les élections et réaffirme son soutien à l'Ukraine

Les dirigeants se sont félicités de l'organisation réussie dans « des conditions difficiles » de ces élections, que le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a qualifiées de « libres et équitables ». « La forte participation a souligné la volonté des citoyens ukrainiens de déterminer l'avenir de leur pays », ont souligné les leaders, se félicitant de ce que M. Porochenko se soit adressé à toute la population du pays.

Ils ont salué la volonté des autorités ukrainiennes de poursuivre le dialogue national sans exclusive, tout comme le 'mémorandum pour la paix et l'unité' adopté le 20 mai par le Parlement, souhaitant une mise en oeuvre rapide. Ils ont encouragé Kiev à continuer sur la voie des réformes constitutionnelles et à mettre en oeuvre son engagement à poursuivre les réformes difficiles, qui seront cruciales pour soutenir la stabilité économique du pays et permettre une croissance induite par le secteur privé.

Le G7 s'est engagé à continuer de travailler avec l'Ukraine pour soutenir son développement économique, sa souveraineté et son intégrité territoriale. Le G7 s'est dit « favorable à la mise en place d'un mécanisme international de coordination des donateurs » qui doit permettre d'assurer la fourniture effective de l'aide économique et salué l'intention de l'UE de tenir une réunion de coordination à haut niveau.

Les leaders ont aussi engagé les autorités ukrainiennes « à conserver une attitude mesurée dans la poursuite des opérations de rétablissement de l'ordre public ». Le Premier ministre russe, Dmitri Medvedev, a immédiatement dénoncé le terme « modéré ». « Le soi-disant G7 parle d'actions mesurées de l'armée ukrainienne contre son propre peuple. C'est d'un cynisme sans limites », a-t-il lancé au Conseil des ministres, soulignant un afflux de réfugiés dans les régions russes frontalières de l'Ukraine. « Nous persistons dans l'évaluation que le gouvernement et le président ont le droit constitutionnel de rétablir l'ordre et qu'ils le font d'une manière que l'on peut qualifier de modérée », a insisté le président du Conseil européen, précisant toutefois que l'UE a demandé des enquêtes sur des incidents graves. (CG avec AN, MB, EH, EL)

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