Bruxelles, 15/05/2014 (Agence Europe) - L'UE a transmis au Maroc une offre de compromis pour régler le différend sur les conditions d'accès au marché européen de fruits et légumes marocains, selon des médias marocains citant une source sûre. Une récente décision du Conseil en matière de politique agricole a modifié le processus de dédouanement des produits. Les Marocains l'ont jugé dommageable pour leurs ventes, en particulier de tomates.
Selon nos informations, le ministre marocain de l'Agriculture a effectué en début de semaine dernière une visite discrète à Bruxelles. L'offre a vraisemblablement été présentée à cette date. On en ignore encore le contenu. « L'existence de cette offre signifie une reconnaissance de la légitimité de la position marocaine », notent les médias marocains citant une « source connaissant bien le dossier ».
Le Maroc défend bec et ongles ce dossier contre le risque de compromettre son 'Plan Maroc Vert'. Il s'agit d'une sorte de contrat-programme entre le gouvernement et les professionnels du secteur. Ce « Plan Vert » met en place une « stratégie du développement du secteur de primeurs entre 2009 et 2020 ».
L'objectif est, selon l'APEFEL, l'association des producteurs, d'accroître le potentiel d'exportation du royaume qui, selon l'association, « ne représente que 4% de la consommation globale de l'UE en tomates fraîches ». La tomate constitue le produit le plus sensible dans les ventes marocaines vers le marché communautaire.
Pour accroître la puissance d'exportation, avec une volonté de diversification des marchés affirmée par l'APEFEL, le « Plan Vert » prévoit une augmentation de la superficie de 50 000 ha, l'augmentation de la production de fruits et légumes de 1,8 à 3,5 millions de tonnes et l'augmentation des exportations de 0,75 à 1,7 millions de tonnes.
Pour cela, le Maroc prévoit de développer la production autour des projets intégrés, les cultures sous serre et la mobilisation d'autres ressources hydriques (notamment par le dessalement de l'eau de mer). La question est essentielle dans ce pays aux ressources hydriques limitées et menacées par « l'irrégularité et la faiblesse des précipitations » et « l'exploitation massive des ressources hydriques à partir de la nappe phréatique ». Selon des analyses indépendantes, le problème du Maroc (région de Souss) est dans la baisse de la nappe phréatique de 2 mètres par an, les prélèvements en eau douce pour l'agriculture provoquant une salinisation de l'eau douce comme en Espagne il a plusieurs années. La région est en voie de désertification. Le Maroc entend aussi, par ce « Plan Vert », améliorer la productivité. Elle est, selon l'APEFEL, « au-dessous des potentialités », citant le rendement de la tomate sous serre qui est de 130 tonnes par hectare (t/h) contre 200 à 250 t/h espérés. (FB)