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Bulletin Quotidien Europe N° 11080
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) grÈce

Des gains et pertes liés à un allègement de la dette grecque

Bruxelles, 15/05/2014 (Agence Europe) - Alléger le fardeau de la dette grecque en allongeant les maturités des prêts et en réduisant les taux d'intérêts « peut être vu comme une perte » pour les pays créditeurs, a déclaré jeudi 15 mai à EUROPE Daniel Lenz, analyste à la banque allemande DZ Bank. M. Lenz a co-signé,le même jour, une étude d'impact de ces mesures spécifiques si elles étaient appliquées à la dette grecque. Cette étude a été reprise par le quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, qui a estimé à 22 milliards d'euros le coût d'un allègement de la dette grecque pour les contribuables allemands.

Pour le Süddeutsche Zeitung, réduire la dette grecque de ces façons coûterait cher à l'Allemagne même sans décote sur les titres détenus et seul le coût politique s'en trouverait allégé. « C'est une question d'interprétation », a expliqué M. Lenz, qui a précisé que son étude ne visait pas à mesurer l'impact potentiel sur les pays créanciers. De plus, l'on ne parle pas de pertes sèches, comme dans le cas d'une décote, mais de revenus d'intérêts moindres.

Citant l'étude, le Süddeutsche Zeitung indique que l'endettement hellénique s'élevait, fin 2013, à 316,4 milliards d'euros, dont 213,7 milliards qui représentent les prêts du plan d'aide attribuables à la zone euro et au FMI. L'Allemagne compte pour 55 milliards, selon le journal allemand. Si l'on considère ensemble l'allongement des maturités des prêts (de 24 à 50 ans) et la réduction des taux d'intérêts, le gain s'élèvera à 78,2 milliards d'euros pour la Grèce, soit un allègement de la dette de près de 40%, écrit le Süddeutsche Zeitung, qui calcule alors le « désavantage » pour le contribuable allemand à 22 milliards d'euros, un chiffre sujet à interprétation, selon lui, mais qui sera, quoiqu'il arrive, à deux chiffres et en milliards.

L'étude a démontré qu'opter pour une décote ou pour les mesures décrites plus haut ne fait « aucune différence d'un point de vue économique » et en termes de valeur actuelle, explique M. Lenz. Pour la Grèce, le bénéfice sur la valeur actuelle nominale de la dette de l'extension des maturités des prêts serait 'réduit', car la valeur actuelle des paiements d'intérêts s'en trouverait augmentée, la Grèce ayant à les payer pendant cinquante ans et non plus vingt-quatre. Cela dépendra toutefois des conditions auxquelles la Grèce se financera à l'avenir. Cet allongement des maturités ne représente pas la solution la plus viable pour la Grèce, mais aurait pour bénéfice de provoquer un sentiment plus positif sur les marchés, estime l'étude. Le ratio dette/PIB actuel n'en serait par ailleurs pas affecté. Ce ratio, auquel s'accroche la 'troïka' et, en particulier, le FMI, en termes d'objectifs du programme grec, ne reflète pas l'image complète de la dette grecque, estime M. Lenz. Ce point de vue est partagé à Athènes.

La banque DZ précise en outre comprendre la demande des Grecs d'obtenir cet allègement, car ils ne sont pas « sortis de l'auberge », selon M. Lenz.

Enfin, il est important de préciser que l'étude de la banque DZ inclut dans son calcul les prêts du FMI à la Grèce (26 milliards d'euros). L'institution de Washington ne devrait toutefois faire aucun geste, concède-t-on à Athènes.

En théorie, les prêts du FMI pourraient, à un certain point, être transférés aux Européens. Dans le cas contraire, le bénéfice d'une réduction de la dette via les mesures décrites plus haut serait encore moins élevé.

L'eurozone veut attendre d'avoir une image complète de la situation pour donner le coup d'envoi des discussions sur l'engagement qu'elle a pris en 2012 de réduire le fardeau de l'endettement hellénique. La santé des banques jouera un grand rôle, puisqu'elle déterminera si l'argent restant du plan d'aide pour le secteur bancaire sera disponible. À noter que l'agence de notation Fitch a, cette semaine, jugé « faible » la qualité des actifs des banques grecques. Quant aux niveaux de capital, Fitch les considère toujours « vulnérables aux chocs », notamment en raison des hauts niveaux de prêts toxiques. Le bulletin de santé mené au niveau européen permettra d'y voir plus clair. Enfin, la réduction de la dette par les Européens ne justifiant plus un excédent primaire annuel de 4,5% de 2016 à 2020, selon Athènes, la Grèce entendrait demander une révision de ses objectifs budgétaires, rapporte la presse grecque. (EL)

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