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Bulletin Quotidien Europe N° 11080
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Horizon 2030, les ministres de l'Environnement déblaient le terrain

Athènes, 15/05/2014 (Agence Europe) - À l'heure où les capitales européennes analysent minutieusement l'impact, sur les différents États membres de l'UE, du projet de cadre d'action intégré Climat/Energie à l'horizon 2030, les ministres de l'Environnement des 28 ont clarifié les positions de leur pays respectif, mercredi 14 mai à Athènes, lors de la réunion informelle du Conseil Environnement.

Les premiers jalons d'un partage équitable des efforts entre les 28 ont même été posés. Les ministres ont, ce faisant, déblayé le terrain pour les « bilatérales » qui auront lieu du 18 au 20 juin entre Herman Van Rompuy, président permanent du Conseil européen, et les différentes capitales, pour préparer le Conseil européen des 26 et 27 juin. Ils ont également affiné la stratégie de l'UE pour la prochaine étape des négociations internationales, à savoir les deux tables rondes ministérielles des 5 et 6 juin à Bonn, sur le niveau d'ambition des engagements pris au titre du Protocole de Kyoto et sur la Plateforme de Durban pour une action renforcée (dans le cadre de la Convention-cadre onusienne sur les changements climatiques).

« Nous avons eu une discussion très fructueuse. Certes, il y a de nombreux points de vue. On travaillera jusqu'à octobre, sous présidence italienne. Sous la présidence grecque, il faut encore discuter en juin au Conseil Environnement », a déclaré à la presse Ioannis Maniatis, ministre grec de l'Environnement et du Climat qui a présidé la session. Invité à dire s'il s'attendait à un accord en octobre, il s'est bien gardé de tout pronostic tant les négociations à venir s'annoncent difficiles. « Je serais le plus heureux des présidents du Conseil si je pouvais répondre. Les chefs d'État se sont engagés à parvenir à un accord contraignant en octobre. Il y a trois groupes d'États membres: ceux qui acceptent la proposition de la Commission (un objectif contraignant de 40% de réduction des émissions par rapport à 1990 et un objectif européen de 27% pour les renouvelables, contraignant pour l'UE, non pour les États membres pris individuellement); ceux qui ont des réserves majeures, y compris sur les 40% (les pays du groupe de Visegrad, plus la Bulgarie, la Croatie et la Roumanie, pour lesquels cette question reste ouverte); ceux qui pensent que la proposition de la Commission n'est pas assez ambitieuse par rapport aux besoins de notre planète », a-t-il dit

Comme le prévoit la feuille de route agréée par le Conseil européen de mars: « Tous les États membres font leur analyse pour préparer le rapport de progrès attendu de Herman Van Rompuy en juin. Après les bilatérales, si nécessaire, la Commission européenne est disposée à apporter sa contribution pour faciliter le processus. On verra comment structurer le processus entre juin et octobre », a précisé à la presse Jos Delbeke, directeur général de la DG Action pour le Climat de la Commission européenne.

Au cours de l'échange de vues, de nombreux ministres, dont ceux des pays d'Europe centrale et orientale - Pologne en tête - et de l'Irlande ont insisté sur l'importance d'assurer la sécurité de l'approvisionnement énergétique. Avec les développements de la crise en Ukraine, le débat sur la sécurité énergétique pour réduire la dépendance a pris de la vigueur, a reconnu M. Delbeke. Mais selon lui, « tous les ministres ont souligné la compatibilité entre la nécessité d'améliorer la sécurité énergétique et celle de réduire les émissions de gaz à effet de serre. L'importance de l'efficacité énergétique et des renouvelables a également été mise en avant par les ministres ».

Évoquant le débat liminaire sur le partage de la charge, il a cité trois critères avancés par les délégations, à savoir: le critère de coût/efficacité, le critère d'équité (PIB par tête d'habitant ou autre) et le critère de convergence entre les efforts des États membres en gardant à l'esprit le long terme (l'objectif à atteindre en 2050) par pays et par tête d'habitant, comme l'a demandé le Royaume-Uni. Mais au cours du débat, d'autres critères ont été évoqués, comme le critère de dette publique, pour lequel le ministre irlandais Phil Hogan a plaidé.

Pour les négociations internationales de Bonn, les ministres ont estimé que les efforts déjà consentis par l'UE pour réduire ses émissions et l'assurance qu'elle a déjà de faire mieux que son objectif de Kyoto à l'horizon 2020 sont un atout. « L'UE fait mieux que son engagement au titre de Kyoto. C'est un signal pour un accord ambitieux, à Paris en 2015, en vue d'un accord mondial juridiquement contraignant », a résumé devant la presse le président du Conseil. Et selon Hans Bruyninckx, directeur exécutif de l'Agence européenne de l'environnement, « la crise ne peut expliquer que 30% à 50% de la réduction des émissions. La crise est une turbulence dans une tendance stable à la baisse ». (AN)

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