Luxembourg, 14/04/2014 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères ont décidé, le 14 avril, de préparer des options pour étendre la liste des personnes soumises à un gel des avoirs et une interdiction de visas sur le territoire de l'UE en lien avec la crise ukrainienne. Le Conseil a étudié, le 14 avril, « l'extension de la liste des personnes qui font l'objet de sanctions », a expliqué le ministre français, Laurent Fabius, à son départ et alors qu'à l'heure ou nous bouclons, le Conseil était toujours en cours. Le ministre luxembourgeois, Jean Asselborn, a confirmé cette information. « Nous avons débattu sereinement, nous sommes dans la phase 2, il est possible d'agrandir la liste, d'avoir une liste un peu plus fournie », a-t-il expliqué, précisant que le Conseil a chargé les ambassadeurs d'y travailler.
A leur arrivée, les ministres s'étaient montrés divisés sur la prise de nouvelles sanctions. Si, pour le Britannique William Hague, les sanctions doivent être la réponse au comportement de la Russie, pour le Luxembourgeois Jean Asselborn, il faut donner la priorité à la réunion du 17 avril. « Je pense qu'avec des sanctions on ne va pas résoudre le problème. Notre tâche principale est de tout faire pour que la réunion de jeudi puisse avoir lieu et dans un climat serein », a-t-il expliqué. « La Russie s'est déjà sanctionnée elle-même, du point de vue des investissements, de la fuite des capitaux et de la baisse de la monnaie. Ce sont des sanctions très importantes », a-t-il ajouté. Pour le Suédois Carl Bildt, la réunion de jeudi peut servir de deadline pour toute action européenne. « Nous avons la réunion de Genève qui arrive, c'est une opportunité pour commencer la désescalade. S'ils continuent l'escalade, je pense que nous devrons monter d'un cran », a-t-il expliqué.
Possible Conseil européen, selon M. Fabius
M. Fabius a évoqué la possibilité d'un Conseil européen la semaine prochaine, « si nécessaire ». « Si nécessaire, il peut y avoir la semaine prochaine une réunion des chefs d'Etat et de gouvernement de l'UE » qui peut prendre de nouvelles sanctions, a dit le ministre français. Un Conseil qui pourrait être l'occasion de prendre des sanctions économiques. « Je ne suis pas sûr, tout peut arriver », a, pour sa part, commenté M. Asselborn. « Il faut augmenter la pression, sans rendre le dialogue impossible », a souligné M. Fabius.
L'UE souhaite essayer d'aboutir à une solution politique et de désescalade, a rappelé le ministre français. Il a précisé qu'avant de prendre des mesures il faut attendre la réunion à Genève le 17 avril associant l'UE, l'Ukraine, la Russie et les États-Unis. « Le but de cette réunion est de commencer à discuter sur comment pouvons-nous désamorcer la situation en Ukraine et comment faire en sorte qu'un État souverain puisse aller de l'avant dans l'intérêt de tous ses habitants. Il est absolument essentiel que nous trouvions une façon appropriée par ce biais, qui va apporter la paix et la stabilité dans l'ensemble du pays », a expliqué, à son arrivée à Luxembourg, la Haute Représentante, Catherine Ashton, qui espérait recevoir un mandat du Conseil.
Responsabilité de la Russie
Les ministres ont mis en cause la Russie dans les prises de bâtiments à l'Est de l'Ukraine, des actes de déstabilisation condamnés dans les conclusions du Conseil, selon M. Asselborn. « Il y a dans l'Est et le Sud-est de l'Ukraine des actions d'une grande violence. La Russie porte une responsabilité dans ces violences », a expliqué M. Fabius, soulignant la nécessité d'agir. Plus tôt, le Néerlandais Frans Timmermans avait expliqué que ce qui se passe dans l'Est de l'Ukraine est « très, très similaire à ce qui s'est passé en Crimée ». « Si ça ressemble à un cheval, que ça marche comme un cheval, c'est généralement un cheval et pas un zèbre », a-t-il ajouté. « Cela rappelle ce qui s'est passé en Crimée avant l'annexion », a expliqué l'Irlandais Eamon Gilmore. Selon un projet de conclusions vu par EUROPE, les ministres appelaient la Russie à apporter son soutien à l'unité, la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine, à rappeler ses troupes à la frontière ukrainienne et à retirer immédiatement le mandat au Conseil de la Fédération d'utiliser la force sur le sol ukrainien. « Toute menace ou usage de la force contre l'Ukraine ou d'autres pays ne sont pas acceptables et doivent cesser immédiatement », soulignaient les ministres dans ce projet. (CG avec LC)