Luxembourg, 14/04/2014 (Agence Europe) - Les ministres européens de l'Agriculture se sont montrés partagés, lundi 14 avril à Luxembourg, sur les leçons à tirer du rapport de la Commission européenne relatif au niveau d'organisation dans le secteur des fruits et légumes.
Plusieurs pays (France, Pologne, Hongrie, Espagne) ont dit que l'appartenance à des organisations de producteurs (OP) n'était pas assez attractive en raison de la complexité des règles de l'UE. D'autres ont déploré le faible niveau de soutien accordé aux petits producteurs pour les inciter à adhérer à des OP.
La Pologne, la Croatie et la Hongrie, notamment, ont demandé des incitants financiers en direction des pays où il manque le plus d'OP. Croatie, Pologne, Hongrie, Roumanie et Bulgarie ont demandé une hausse du budget de l'UE pour inciter les producteurs à participer aux OP. L'assistance financière de l'UE est plafonnée à 4,1% de la valeur de la production de chaque OP. La Croatie, par exemple, a demandé de doubler la valeur à 8,2%. Mais un groupe de pays comptant les pays libéraux, comme le Danemark, l'Allemagne et le Royaume-Uni, se sont opposés à une hausse des ressources communautaires pour ces actions.
La simplification des procédures a été demandée par le Royaume-Uni, l'Allemagne ou la Finlande. Le Royaume-Uni, les Pays-Bas et le Danemark ont insisté sur le fait que le changement d'orientation des mesures devrait se focaliser sur la recherche, l'innovation, la durabilité ou l'environnement.
La Belgique (soutenue notamment par la Slovénie) a suggéré d'initier un système d'échange de bonnes pratiques entre les pays disposant de bonnes OP et ceux où il y a peu d'organisation.
La France a aussi évoqué le besoin de mieux intégrer certains aspects de la production, notamment les fruits et légumes à destination des industries de transformation, et les fruits et légumes biologiques.
L'Italie a demandé un soutien spécifique pour les régions où il y a moins d'OP, une simplification des règles pour améliorer les instruments existants et la promotion des collaborations transnationales. Ce pays souhaite aussi que les non-membres d'OP puissent bénéficier des mesures de gestion des crises.
La réforme de la PAC de 2007 a eu pour objectif de renforcer le rôle des organisations de producteurs de fruits et de légumes en mettant à leur disposition une plus large palette d'instruments leur permettant de prévenir et de gérer les crises du marché. La dernière réforme de la PAC a introduit certains changements: possibilité pour les associations d'OP d'établir des programmes opérationnels, extension des outils de gestion et de prévention des crises.
La Commission a déjà présenté ce rapport lors du Conseil du 24 mars. Lundi, le commissaire européen à l'Agriculture, Dacian Ciolos, a précisé qu'entre 2007 et 2010 le pourcentage de producteurs de fruits et légumes membres d'OP s'est accru de 3 points de pourcentage. « Cependant, il reste encore globalement bas, avec 16,5% des producteurs en OP en Europe », a-t-il admis. Il a déploré la persistance d'une absence d'organisation ou d'un très faible degré d'organisation dans plusieurs pays et régions de l'Union. Une partie importante des producteurs non affiliés à des OP, et donc ne bénéficiant ni des services ni des aides, sont des producteurs de taille modeste ou petite. Ce sont aussi eux qui ont le plus faible pouvoir de négociation dans la chaîne d'approvisionnement et sont plus exposés aux risques liés à la mondialisation des marchés et au changement climatique. La Commission a mis en évidence une très faible utilisation des instruments de prévention et de gestion des crises.
Le Conseil reviendra à une date ultérieure sur ce dossier. Il n'est pas prévu encore à ce stade que les États membres adoptent des conclusions sur l'appréciation à donner du rapport de la Commission. (LC)