Bruxelles, 14/04/2014 (Agence Europe) - Le gouvernement marocain exprime sa préoccupation face aux conséquences potentielles de la mesure adoptée le 7 avril par la commission agriculture du Parlement touchant à l'organisation commune des marchés des fruits et légumes (voir autre nouvelle). Réuni jeudi à Rabat, le gouvernement a entendu un exposé du ministre de l'Agriculture et de la Pêche maritime, qui a pointé du doigt le risque d'une atteinte aux exportations de son pays de tomates notamment.
« Au sein de la Fédération interprofessionnelle marocaine de production et d'exportation de fruits et légumes), la mobilisation est totale contre cette mesure » soumise à l'approbation du Conseil ce lundi (voir autre nouvelle), rapportent les médias du pays. Il est affirmé à Rabat que « si le système de dédouanement des fruits et légumes à l'entrée de l'UE change, ce qui pourrait arriver dès ce lundi, 30% à 70% des exportations marocaines de tomates seront immédiatement évincés, selon les simulations réalisées par la profession ». Dans un second temps, « c'est la totalité des tomates marocaines qui serait évincée, car l'origine ne serait plus considérée comme fiable ». L'ensemble de la filière fruits et légumes « finira par être gravement touchée et en particulier les concombres, courgettes et clémentines ». Un « effondrement programmé de l'ensemble de la filière » en serait la conséquence, car « beaucoup ont investi en fonction du marché européen. Le coup est rude et peut s'avérer mortel. Plusieurs dizaines de milliers d'emplois sont menacés, voire 100 000 ou 150 000 », selon ces sources, non officielles.
Quoi qu'il en soit, dans un communiqué publié dimanche, la Fédération professionnelle « considère que ces nouvelles dispositions constituent une entrave supplémentaire au commerce en totale contradiction avec l'esprit et la lettre tant du Code de douanes communautaire que des règles de l'Organisation mondiale du commerce et les dispositions pertinentes des différents accords liant le Maroc et l'Union européenne. En imposant ce nouveau mécanisme, l'Union européenne viendrait ici modifier le cadre d'application de ces accords ».
Les médias, répercutant des avis officieux, vont plus loin et se demandent si le Maroc n'est pas « particulièrement visé » par ces mesures. « Leur portée est certes générale, puisqu'elles touchent tous les pays tiers, mais les pressions exercées par des groupes de producteurs européens concurrents du Maroc sont incriminées par les professionnels marocains ». D'où l'interrogation clairement posée, « s'il faudra croire l'Europe à l'avenir ». Ce sentiment de défiance s'ajoute à celui exprimé au cours des dernières semaines a propos de l'accord de commerce approfondi (ALECA) en cours de négociation et, lui aussi, mal perçu par le secteur privé et les milieux associatifs. (FB)