Bruxelles, 08/04/2014 (Agence Europe) - Le groupe S&D au Parlement européen a présenté, mardi 8 avril, un plan d'action en 10 points visant à réorienter les politiques nationales et européennes vers la croissance et la création d'emplois, à six semaines des élections européennes.
« La montée du populisme est liée à celle du chômage. Ce n'est pas qu'un enjeu national, il faut proposer une stratégie européenne », a déclaré l'Autrichien Hannes Swoboda, chef de file du groupe S&D. Pour Emilie Turunen, l'austérité imposée par la droite au pouvoir après la crise financière a fait exploser le chômage. « C'est un danger pour notre continent », a-t-elle déclaré, n'hésitant pas à parler de « génération perdue ».
La trentenaire danoise a énuméré les éléments essentiels du plan d'action: - lancer un 'New Deal': investir près de 200 milliards d'euros dans la réalisation d'infrastructures pour que l'UE respecte ses engagements énergétiques et climatiques ; - investir pour l'avenir des jeunes en faisant passer la dotation de la 'Garantie Jeunesse' de 6 à 21 milliards d'euros ; - contribuer à la ré-industrialisation de l'Europe, à travers la création d'une 'task force' européenne spécifique ; - lever les barrières à la création d'emplois, notamment en améliorant l'accès au crédit et en diminuant la bureaucratie ; - améliorer l'éducation en Europe ; - améliorer la qualité des emplois en affrontant le 'dumping' social et la situation des travailleurs pauvres ; - généraliser dans l'UE le salaire minimum, la consommation des ménages constituant l'un des moteurs de la croissance ; - renforcer les politiques actives d'insertion par le travail en facilitant l'emploi des catégories de population vulnérables (ex: jeunes sans diplôme, chômeurs de longue durée) et la garde d'enfants ; - relever les défis de la protection de l'environnement ; - stimuler l'innovation dans les secteurs d'avenir.
Interrogé sur l'origine des moyens financiers qui seraient alloués au plan d'action, M. Swoboda a fait le raisonnement suivant: investir permet à moyen terme de créer de nouvelles activités et d'accroître les rentrées fiscales. « Il faut financer des investissements qui génèrent de l'activité sans financer des dépenses sociales », a-t-il souligné. Sur le plan fiscal, il a plaidé pour un transfert de l'impôt sur le travail vers d'autres activités, comme la finance, et pour une véritable stratégie européenne de lutte contre l'évasion fiscale. (MB)