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Bulletin Quotidien Europe N° 11056
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CONSEIL DE L'EUROPE / (ae) jai

L'APCE prône le modèle suédois dans la lutte contre la prostitution

Strasbourg, 08/04/2014 (Agence Europe) - Dans une résolution adoptée mardi 8 avril par 82 voix pour, 17 voix contre et 25 abstentions, l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE) s'est prononcée en faveur du 'modèle suédois' de lutte contre la prostitution, la traite des êtres humains et l'esclavage moderne en Europe.

Dans une loi adoptée en 1999 (après deux décennies de discussions), la Suède a été le premier pays du continent à ériger en infraction pénale l'achat de services sexuels, sanctionnant ainsi les clients de la prostitution plutôt que les prostituées elles-mêmes. Prostituées car, même si les homosexuels hommes et les personnes transgenres sont également - et de plus en plus - victimes du phénomène, « les femmes représentent une part disproportionnée de celles-ci », stipule la résolution. Elle souligne que l'exploitation sexuelle peut dès lors être considérée en Europe comme « un obstacle à l'égalité de genre ». Le débat qui a précédé le vote a été l'occasion d'un échange de vues où ce fameux modèle suédois fut notamment remis en cause par des parlementaires allemands et suisses mettant en avant la légalisation introduite dans leur pays respectif. Le libéral Alfred Heer a défendu un modèle helvétique permettant une meilleure lisibilité du phénomène. Il a déclaré: « Nous savons qui travaille en Suisse, nous savons si cette personne le fait de son plein gré ou non et nous punissons de peines d'emprisonnement pouvant aller jusqu'à 15 ans les trafiquants d'êtres humains. Si nous avions promulgué la pénalisation de la prostitution ou des clients, ces gens entreraient quand même sur le territoire mais le travail de la police serait plus difficile, de même que celui des services sociaux en charge des prostituées ». Un accroissement de la dangerosité des conditions de travail fut également évoqué à l'encontre du modèle suédois, mais ces considérations n'ont pas ébranlé la conviction du rapporteur portugais José Mendes Bota (PPE) qui a dit: « Certes, il nous faudrait davantage de données et l'évaluation prévue pour 2015 en Suède sera un élément important. Mais je ne pouvais pas attendre encore et encore. D'après tout ce que j'ai lu et entendu, à ce stade, le modèle suédois est celui qui s'impose comme le plus efficace. Il a des points faibles et il est possible que ce pays 'exporte' le problème, mais c'est peut-être aussi parce que d'autres pays se révèlent 'accueillants' en légalisant la prostitution ». C'est en fait à une harmonisation qu'appelle la résolution votée à Strasbourg. Face à des réseaux mafieux qui ne connaissent pas de frontières (et qui ont cessé de considérer la Suède comme un 'marché'), la riposte doit être commune. Elle doit aussi passer par la signature et la ratification de la Convention du Conseil de l'Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains. Adoptée en 2005, celle-ci n'a été ni signée ni ratifiée par le Lichtenstein, Monaco, la République tchèque et la Russie et attend toujours les ratifications de l'Estonie, de la Grèce et de la Turquie. (VL)

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