Bruxelles, 31/03/2014 (Agence Europe) - Candidat du PPE à la succession de José Manuel Barroso à la tête de la Commission européenne, le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker a détaillé, lundi 31 mars, dans une interview accordée au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung, les réformes qu'il appliquerait à l'exécutif européen s'il devait arriver à cette responsabilité.
Pour l'ancien Premier ministre, le président de la Commission pourrait travailler avec 5 à 6 vice-présidents qui gèreraient des grands dossiers comme l'économie ou le marché intérieur et des commissaires individuels sur des politiques sectorielles. Dans une autre interview au journal Le Figaro, le candidat luxembourgeois dit aussi qu'il attend des États membres qu'ils envoient à la Commission des « grosses pointures, des hommes politiques confirmés » qui ne viendraient pas à Bruxelles « couler des jours tranquilles ».
« Je veux des commissaires qui ont de l'expérience au niveau national, régional et local. Je n'accepterai pas des commissaires qui sont le résultat des négociations politiques des partis ou qui cherchent à faire leur retraite à Bruxelles », explique M. Juncker pour qui « l'Europe a besoin d'une Commission forte, avec des commissaires forts qui peuvent agir à un même niveau que les États membres ».
Rappelant que son programme prioritaire sera « la croissance économique, l'emploi et le renforcement du marché intérieur », l'ex-chef de l'Eurogroupe confie aussi au Süddeutsche Zeitung qu'il aurait nommé un « commissaire pour la Grèce » s'il avait été en poste pendant la crise. « Il aurait été chargé des fonds régionaux européens, des questions budgétaires, du marché de travail, de tout. Ceci aurait permis d'éviter que les ministres grecs soient obligés d'aller voir plusieurs commissaires à Bruxelles et de réexpliquer la même situation à chacun ».
Sur ce dernier point et comme il l'a déjà indiqué par le passé, le Luxembourgeois réitère le besoin « d'un président permanent de l'Eurogroupe. Gérer les politiques budgétaires et économiques de la zone euro est un poste à plein temps ». Il concède que pour « renforcer davantage notre union monétaire, il nous faudrait peut-être des changements limités au traité ». (SP)