Bruxelles, 31/03/2014 (Agence Europe) - Plusieurs groupes d'intérêt issus du monde économique et de la finance se réjouissent que la Commission européenne souhaite promouvoir le financement à long terme de l'économie, grâce à un plan d'action tous azimuts présenté jeudi 27 mars (EUROPE 11048).
Le retour annoncé à la titrisation financière, sous conditions, ne semble pas inquiéter outre mesure les secteurs concernés, en dépit des dégâts que cette technique a pu causer durant la crise financière.
« La communauté des affaires est impatiente de la réhabilitation du financement à long terme, correctement référencé comme 'capital patient' au vu de sa nature non spéculative », résume Arnaldo Abruzzini, secrétaire général d'EUROCHAMBRES. L'Association des chambres européennes de commerce, tout comme la Fédération européenne bancaire (FBE), se réjouit également du retour à la titrisation, même pour les PME. L'industrie bancaire tient d'ailleurs à souligner que les performances des instruments titrisés d'origine européenne ont été « exemplaires », avec des pertes négligeables.
La feuille de route de la Commission est accompagnée d'une proposition de révision de la directive sur les fonds de pension (IORP). Le patronat européen (BUSINESSEUROPE) recommande au législateur européen de prendre en compte les spécificités des fonds de pension et de permettre aux employeurs d'offrir des retraites professionnelles avec un bon rapport coût-efficacité. Par ailleurs, l'Association européenne des fonds d'investissement et de capital-risque (EVCA) précise bien que les investisseurs à long terme, comme les fonds de pension, ne devraient pas être amenés à se détourner des placements privés à cause d'exigences en capitaux inappropriés. « Cela bloquerait avant tout des investissements nécessaires dans les entreprises européennes », avertit le directeur de l'EVCA, Michael Collins.
Dans le domaine assurantiel, la Commission présentera des actes délégués destinés à appliquer le paquet 'Solvabilité II' afin, là encore, de stimuler l'investissement de long terme. Une approche bienvenue pour l'industrie. L'association Insurer Europe recommande de coordonner ces travaux avec l'échelon international (OCDE, Comité de stabilité financière). Les assureurs européens demandent à la Commission de bien prendre en compte les risques qu'ils endossent dans les exigences en capital.
Les PME déçues. Un volet de la feuille de route de la Commission est spécifiquement consacré aux mesures destinées au financement des PME, que leur association UAPME juge trop faibles. L'institution européenne serait trop concentrée sur les start up qui ne représentent que 1% des PME et n'annoncerait que de vagues études et futures consultations, à l'heure où des millions de PME nécessitent de l'argent frais. Le financement participatif, auquel la Commission consacre une communication, ne représente d'ailleurs pas une alternative significative à la problématique, déplore l'UAPME.
La feuille de route annonce également des travaux à propos des banques publiques de développement. Celles-ci mettent déjà en garde la Commission contre la tentative de proposer une approche standard eu égard à la diversité des modèles existants et de la spécificité de leur métier.
Enfin, les investisseurs de long terme, par la voix de l'association ELTIF, pressent le législateur européen de traiter la question du financement de long terme lors de la campagne électorale européenne afin de prendre cet enjeu à bras-le-corps dès cet automne. (MD)