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Bulletin Quotidien Europe N° 11050
AU-DELÀ DE L'INFORMATION / Au-delà de l'information, par ferdinando riccardi

Les bases pour la coopération raisonnable entre États-Unis, Europe et Russie sont jetées, le dialogue est rétabli

L'apaisement et même la coopération progressive entre USA et Union européenne, d'une part et, Russie de l'autre, ont amplement progressé la semaine dernière et se sont accélérés pendant le week-end. Les autorités américaines et russes ont intensifié les entretiens sous plusieurs formes, accompagnés dans quelques cas par des rencontres directes, à différents niveaux. En renvoyant les lecteurs aux pages suivantes pour le résumé des contacts et du dialogue rétablis, je résume de manière schématique les éléments qui sont à la base de cette évolution et qui, en fait, existaient déjà largement la semaine dernière pour ceux qui ont voulu ou su interpréter les attitudes et les discours du président Obama.

Ce que le président américain avait affirmé dès le départ. Déjà avant le week-end, M. Obama avait explicitement ouvert les portes à l'apaisement avec la Russie et à la relance du dialogue. En particulier:

le président avait déjà considéré comme un fait acquis l'annexion de la Crimée à l'Etat russe, rattachement qui avait pourtant été à l'origine de la querelle. L'attitude était à peu près analogue du côté européen, tout du moins de la partie qui avait compris la situation ; le président du Parlement européen, M. Schulz, avait d'ailleurs déclaré: « L'annexion de la Crimée est désormais une réalité », en ajoutant: « Mais la Russie doit s'arrêter là »

dans son discours ouvert au public, à Bruxelles mercredi dernier, M. Obama avait exprimé à plusieurs reprises son admiration et sa sympathie pour la Russie, invitant à ne pas oublier « les sacrifices inimaginables des Russes pendant la seconde guerre mondiale ; nous sommes les héritiers d'un combat pour la liberté, nous ne voulons pas rabaisser la Russie, mais nous mobiliser tous ensemble pour les principes qui on tant compté pour l'Europe ».

le président américain avait réaffirmé les mêmes concepts à plusieurs reprises. Tout en soulignant que Washington et l'Europe seraient unis pour introduire des mesures supplémentaires à l'égard de la Russie en cas d'attitude inacceptable de Moscou, M. Obama avait affirmé explicitement sa préférence pour la diplomatie ;

quant à l'aspect spécifique des armes nucléaires, M. Obama avait confirmé que l'objectif final était de construire un monde sans armes nucléaires, ce qui implique évidemment la coopération de la France et du Royaume-Uni, mais surtout la coopération de la Russie.

Autres pays et autres organismes. Quant au reste du monde, tous les observateurs avaient constaté l'attitude réservée de la Chine et avaient en particulier pris acte du fait que les BRICS avaient refusé formellement de participer à toute mesure éventuelle frappant la Russie. Il peut paraître presque ridicule de citer les BRICS, puisque la Russie en fait partie, mais c'est le caractère officiel de la prise de position qui la rend significative, quand les BRICS auraient pu tout simplement se taire.

Afghanistan aussi. En attendant l'abandon des armes nucléaires, d'autres sujets de coopération avec la Russie avaient été évoqués. M. Rasmussen, secrétaire général de l'OTAN, avait indiqué que cette dernière compte toujours sur la participation russe pour mener à bien le retrait définitif d'Afghanistan, programmé pour la fin de l'année.

Dernières remarques. Il a été observé que la Crimée est indispensable à Moscou pour que la Russie dispose dans cette zone d'un port ayant la profondeur de 14 mètres, nécessaire pour la marine de guerre. L'OTAN a nommé son futur secrétaire général en la personne de Jens Stoltenberg, qui a été pendant dix ans Premier ministre de Norvège ; les informations en provenance d'Oslo soulignent ses relations sereines avec Moscou.

En conclusion, la coopération avec la Russie - que je préconise dans cette rubrique depuis le début de la crise de Crimée - est à présent non seulement acceptée, mais prônée par les responsables politiques occidentaux, aux niveaux les plus élevés.

(FR)

 

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