Strasbourg/Bruxelles, 11/03/2014 (Agence Europe) - Les présidents des principaux groupes politiques du Parlement européen ont critiqué, mardi 11 mars, l'organisation du référendum en Crimée.
Le président du groupe PPE, le Français Joseph Daul, a appelé à la mise en oeuvre de sanctions, condamnant « l'invasion » de la Crimée par les troupes russes sur « le territoire souverain de l'Ukraine ». « Le résultat de cette occupation ne peut pas se passer sans décisions économiques et politiques de la part de l'UE. Ce sont des décisions difficiles à prendre quand il s'agit de la Russie, mais on doit aller dans ce sens là », a-t-il souligné.
Pour l'Autrichien Hannes Swoboda, président du groupe S&D, il ne s'agit pas d'autodétermination du peuple de Crimée, car les conditions ne sont pas réunies. « Je ne nie pas qu'il faudrait évoquer la question d'un référendum, mais à certaines conditions. Ce qui se passe n'est pas l'autodétermination du peuple mais une violation des règles internationales », a-t-il dit à la presse. Il a expliqué ne pas comprendre comment on pouvait organiser un référendum en si peu de temps, ce qui ne laisse pas le temps pour la préparation au débat. Il a rappelé l'interdiction d'accès des observateurs internationaux à la Crimée.
Guy Verhofstadt (ADLE, belge) a dénoncé l'idée d'un référendum le 16 mars sans « aucune condition d'un référendum impartial ». Les députés du parlement de Crimée ont voté, par 78 voix sur les 81 présents, une déclaration d'indépendance de la république autonome de Crimée et de la ville de Sébastopol, déclaration que la Russie a jugée « totalement légale ». Par ailleurs, l'aéroport de Simféropol, sous le contrôle de milices pro-russes, serait interdit pour tous les vols hormis ceux en provenance ou à destination de Moscou.
Appel à l'action. Le président du groupe ADLE a appelé l'UE à agir. « Nous voyons l'apparition d'un nouveau conflit gelé après la Transnistrie ou le Haut-Karabagh, d'une nouvelle guerre froide qui s'étend (…) il faudrait le courage de lancer quelque chose de concret », a-t-il expliqué. Il a souhaité que l'UE développe sa politique de l'énergie. « Il n'y a même pas de prémices de politique de l'énergie, il faut une volonté politique au plus haut niveau, c'est indispensable. Nous avons besoin de cette politique pour ne pas dépendre autant de la Russie ». Il faut procéder aussi à des « contrôles stricts sur l'origine douteuse de fonds provenant de la Russie », a-t-il ajouté. M. Verhofstadt souhaite également que l'UE revoie sa politique de voisinage. (CG et EH)