Bruxelles, 11/03/2014 (Agence Europe) - Une petite dizaine d'eurodéputés, verts et libéraux, menés par Indrek Tarand (Verts, estonien), auraient alerté par courrier, le 7 mars, José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne, à propos du conflit d'intérêts qu'il pourrait y avoir entre l'actuel mandat de Siim Kallas en tant que commissaire européen aux Transports et sa candidature au poste de Premier ministre en Estonie, à la suite de la démission du Premier ministre, Andrus Ansip, mardi 4 mars 2014.
D'autres députés, de divers partis, pourraient signer prochainement cette lettre. La missive fait référence à l'Article 17 du Traité sur l'Union européenne qui indique que « les membres de la Commission ne sollicitent ni n'acceptent d'instructions d'aucun gouvernement, institution, organe ou organisme et s'abstiennent de tout acte incompatible avec leurs fonctions ou l'exécution de leurs tâches ».
Les services de la Commission ont confirmé avoir été avertis par le commissaire de sa démarche. Mais aucune suite ne devrait encore être donnée à ce stade. En tout cas, tant que Siim Kallas n'aura pas été désigné officiellement formateur du gouvernement par le président estonien (cette désignation devrait survenir à la fin de la semaine). Si M. Kallas est bien nommé, il devra encore être investi à ce poste par le parlement estonien, où son parti, le Parti réformateur, occupe un bon tiers des sièges.
Selon des sources proches du commissaire, M. Kallas aurait pris quelques jours de congé cette semaine afin de ne pas alimenter les polémiques. Mais il devrait être présent pour le Conseil Transport qui se tiendra ce vendredi à Bruxelles.
Aucun scénario précis ne se dégage quant à l'éventuel remplacement de M. Kallas à son poste de commissaire européen et vice-président de la Commission, même si la possibilité d'un échange de poste entre MM. Kallas et Ansip a été évoqué par M. Kallas lui-même lors d'une interview sur une radio estonienne. (MD)