Bruxelles, 26/02/2014 (Agence Europe) - Conséquence directe de l'adoption de la nouvelle loi anti-homosexuels promulguée lundi 24 février en Ouganda, un journal tabloïd national a publié le lendemain le nom de 200 homosexuels présumés, suscitant l'ire de Hannes Swoboda, président du groupe S&D au Parlement européen.
Dénonçant ce qu'il qualifie de « chasse aux sorcières », il brandit la menace de sanctions de l'UE, qu'il s'agisse de sanctions ciblées au titre de la politique étrangère et de sécurité commune ou au titre de la coopération au développement, ultime recours subordonné à un dialogue politique préalable. « Des consultations au sujet d'éventuelles sanctions sont en cours entre les États membres de l'UE », indiquait mercredi un haut fonctionnaire de l'UE à EUROPE. À l'heure où nous mettions sous presse, l'information n'était pas confirmée.
Appel à des sanctions. « Nous sommes consternés par la chasse aux sorcières contre les personnes désignées par la loi anti-homosexuels en Ouganda. Cela n'a rien à voir avec le soutien ou le rejet des valeurs occidentales, mais bien avec le respect des droits humains fondamentaux », a déclaré Hannes Swoboda.
Et d'ajouter: « Les engagements d'aide au développement de l'UE envers l'Ouganda ne changeront pas immédiatement, mais nous envisagerons les sanctions formelles à notre disposition, y compris les interdictions de visa pour les officiels impliqués dans la loi anti-gays, et le lancement de consultations en vue de suspendre l'accord de Cotonou avec les pays comme l'Ouganda et le Nigeria qui adoptent des lois homophobes. L'aide au développement devrait être réorientée de manière à garantir que les fonds de l'UE atteignent les plus vulnérables sans discrimination ».
Quelques jours avant la promulgation de la loi ougandaise durcissant les sanctions pénales contre les homosexuels, Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité de l'UE, avait, le 19 février dernier, rappelé l'Ouganda à ses obligations internationales (EUROPE 11022). Les pressions internationales se sont multipliées en amont de la promulgation de cette loi, mais jusqu'ici, elles ont laissé de marbre Yoweri Museveni, le président ougandais. S'agissant de l'ouverture éventuelle de consultations avec les autorités ougandaises, au titre de l'article de l'accord de Cotonou liant l'UE aux pays ACP (Afrique/Caraïbes/Pacifique), c'est à la Commission européenne de le proposer au Conseil de l'UE. (AN)