Bruxelles, 16/01/2014 (Agence Europe) - La présidence grecque du Conseil de l'UE va pousser l'idée de créer une plate-forme d'envergure européenne entre les inspections du travail et d'autres organismes de répression du travail non déclaré. Cette idée n'est qu'une des priorités affichées par la présidence dans le cadre des travaux du Conseil 'Emploi et Affaires sociales' (EPSCO), mais Athènes y porte une « attention particulière », qui n'est peut-être pas partagée par tous les autres États membres, mais recueille d'ores et déjà le soutien du Parlement européen et de la Commission européenne. Cette dernière devrait faire ainsi une proposition allant dans ce sens au printemps.
Si le Premier ministre grec, Antonis Samaras, évoque aujourd'hui un « retour à la normalité » de son pays (EUROPE 10997), après plusieurs années de récession sans précédent, la Grèce ne perdra pas de sitôt le statut de champion européen du taux de chômage. Celui-ci s'est établi en septembre 2013 à 27,4% (des données plus récentes ne sont pas disponibles) et il est plus de deux fois supérieur au taux moyen, déjà historiquement élevé, de la zone euro. « L'emploi » a donc naturellement été cité par M. Samaras, lors de son intervention devant le Parlement, comme étant la priorité des priorités, à côté de la « croissance », l'un pouvant difficilement aller sans l'autre.
Dans le cadre du Conseil EPSCO, la présidence grecque tentera de continuer sur l'élan actuel, qui consiste à renforcer le rôle des ministres du Travail dans la gouvernance économique. Elle souhaite ainsi « approfondir le dialogue politique » sur la dimension sociale de l'Union économique et monétaire (UEM), ce qui se traduirait par la mise à l'agenda de la question des « filets de sécurité minimaux », notamment pour les chômeurs, indique une présentation officielle. Le Conseil de mars sera consacré à la préparation du Conseil européen du printemps, alors que celui du mois de juin devrait approuver les recommandations par pays. Cette dernière réunion sera également l'occasion de faire un premier bilan de l'initiative pour l'emploi des jeunes et particulièrement de la « garantie pour les jeunes » et d'adopter la recommandation relative à un cadre de qualité pour les stages, que la Commission a récemment présentée (EUROPE 10977).
Sur le plan législatif, la présidence aimerait que le Conseil trouve un accord politique sur la nouvelle réglementation concernant EURES, le réseau paneuropéen de l'emploi, que la Commission présentera, vendredi 17 janvier. Ensuite, les négociations interinstitutionnelles viennent à peine de commencer, mais promettent déjà d'être ardues sur la directive d'exécution concernant le détachement des travailleurs (voir autre nouvelle). Athènes voudrait arriver à un compromis avant les élections européennes.
La lutte contre le travail non déclaré et l'économie parallèle est un sujet en vogue au niveau européen (EUROPE 10996) et la Grèce compte bien saisir cette opportunité pour favoriser l'avancement des travaux en vue de créer une plate-forme européenne pour les inspecteurs du travail, à laquelle la participation serait peut-être obligatoire. Le ministre grec du Travail, Ionannis Vroutsis, a évoqué ce sujet avec des journalistes européens invités à Athènes, début janvier. Le travail au noir pose, selon lui, un défi majeur pour la productivité et l'innovation. En cela, il est nécessaire d'avancer sur le chemin de la mise en place d'une telle plate-forme. C'est d'autant plus important que, comme l'a souligné la Commission, le travail non déclaré « est lourd de conséquences pour les finances publiques, du fait des recettes fiscales et des cotisations sociales non perçues ». Dans le contexte économique actuel de la Grèce, il est peu surprenant qu'Athènes soit particulièrement sensible à ce problème. (JK)