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Bulletin Quotidien Europe N° 10998
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POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat/Énergie

Une ambition climatique en berne pour l'horizon 2030

Bruxelles, 16/01/2014 (Agence Europe) - Attendu avec impatience par les défenseurs du climat et les partisans d'une transition réussie vers une économie verte sobre en carbone, le paquet Climat/Énergie que la Commission européenne doit présenter le 22 janvier prochain pour établir le cadre d'une politique intégrée Climat/Énergie à l'horizon 2030 fait déjà des déçus au vu d'une mouture du texte en préparation qui a fuité.

Selon ce projet de texte, la Commission s'apprêterait à proposer comme objectif contraignant une réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) de 35% ou de 40% par rapport à 1990, mais ne proposerait pas, à ce stade, d'objectif d'efficacité énergétique, attendant pour ce faire la révision de la législation actuelle prévue plus tard dans l'année. Quant à l'objectif européen pour la part d'énergies renouvelables, il serait non contraignant - possiblement de 24% ou 27% selon que le collège optera pour un objectif de réduction des GES de 35% (qui a les faveurs du commissaire Gunter Oettinger, commissaire à l'Énergie) ou de 40%, pour lequel plaide Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat.

Dès la présentation du Livre Vert qui a lancé le débat en mars 2013, Gunter Oettinger avait déjà laissé entendre qu'il ne fallait pas compter trop rapidement sur un objectif contraignant pour l'efficacité énergétique (EUROPE 10816).

« Que la Commission s'apprête manifestement à ne pas présenter d'objectif contraignant pour la part d'énergies renouvelables à l'horizon 2030 est un signe supplémentaire de recul de la politique européenne du climat. Trop de personnes tournées vers le passé s'élèvent contre une politique énergétique tournée vers l'avenir et responsable. Les autorités de Bruxelles compromettent déjà le succès de la conférence climatique de Paris en 2015. Le rôle de pionnier de l'UE est derrière elle », déplore l'Allemande Rebecca Harms, vice-présidente du groupe des Verts/ALE au Parlement. On est loin en effet du niveau d'ambition du Parlement européen qui vient de se prononcer en faveur de trois objectifs contraignants - une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre par rapport à 1990, 40% d'efficacité énergétique et 30% au moins pour la part d'énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie de l'UE - en espérant que cette contribution sera prise en compte par la Commission (EUROPE 10993)

Or même une réduction de 40% des émissions de gaz à effet de serre à l'horizon 2030 ne permettrait pas à l'UE de prendre sa juste part dans l'effort de réduction requis au niveau mondial et de compenser les quotas excédentaires qui minent le fonctionnement de l'ETS, puisque dans un projet d'étude d'impact, la Commission estime qu'à scénario inchangé, les émissions de CO2 de l'UE auront déjà baissé de 32% à l'horizon 2030, souligne Greenpeace. Pour l'heure, l'UE est déjà en voie de faire mieux que l'engagement qu'elle a pris au titre du paquet Climat/Énergie de 2008, de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 20% à l'horizon 2020. Son offre de porter cet objectif à 30% si les autres partenaires aux négociations sont prêts à des engagements comparables est toujours sur la table. (AN)

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