Bruxelles, 16/01/2014 (Agence Europe) - Les députés sont d'accord sur le fait que, par le passé, il n'y avait pas d'alternative à la 'troïka' (Commission, BCE, FMI), l'organe représentant les créanciers institutionnels des pays de la zone euro faisant l'objet d'un plan de sauvetage.
Le FMI ne disposait pas, à lui seul, des fonds nécessaires au renflouement des États et la Commission n'était absolument pas préparée à la tâche, « institutionnellement et politiquement », a estimé le co-rapporteur de l'enquête menée par le Parlement européen, l'Autrichien Othmar Karas (PPE), jeudi 16 janvier lors d'un débat en commission parlementaire.
Aujourd'hui, la Commission a mûri et s'est dotée d'instruments préventifs, alors que les pays de la zone euro ont élevé un pare-feu avec la création du Mécanisme européen de stabilité (MES). « À terme, on pourrait imaginer que les instruments dont se dotent l'union suffiront », a pour sa part estimé Liêm Hoang-Ngoc (S&D, français), l'autre co-rapporteur. Qui a prédit un désengagement du FMI dans la 'troïka'.
Trois options. M. Karas a présenté trois options: soit le FMI agira seul, soit la Commission ou alors le MES devenu Fonds monétaire européen. Cette 3ème option séduit M. Karas. Avec une condition sine qua non: le processus doit reposer sur la méthode communautaire car la base juridique du cadre actuel pose problème. Selon le Belge Philippe Lamberts (Verts/ALE), la question n'est pas tant la base juridique mais le fait que certaines institutions ont dépassé le cadre de leur mandat. Un point qu'a souligné la Portugaise Marisa Mattias (GUE/NGL) pour qui l'UE n'est pas plus « prête pour gérer la crise aujourd'hui » que par le passé.
M. Lamberts aime l'idée de placer la Commission au coeur du processus. Celle-ci agirait sur mandat du PE et le MES exécuterait les décisions. Le PE se réserverait par ailleurs le droit de refuser un protocole d'accord s'il le juge nécessaire. L'implication du PE est-elle synonyme de moins d'austérité ? Pas si sûr, a reconnu M. Hoang-Ngoc. En raison de sa majorité libérale et conservatrice, le PE aurait « sans doute voté en faveur des mesures d'austérité », mais au moins cela aurait reposé sur une « légitimité démocratique », a-t-il considéré. Pour M. Karas, la conditionnalité doit rester une constante des plans d'aide, soulignant que « l'argent sans condition empire la crise », comme ce fut le cas avec le prêt de la Russie à Chypre, en 2011. Quant à savoir quel serait le meilleur timing pour la suppression de la 'troïka', PPE et S&D ne sont pas encore en ligne. M. Karas a estimé qu'elle ne pouvait pas « interrompre son travail dans les pays où elle est à pied d'oeuvre ». La semaine dernière, le président du groupe S&D, l'Autrichien Hannes Swoboda, avait estimé qu'abolir la 'troïka' serait « une vraie victoire pour la présidence grecque ».
En cas de maintien de la 'troïka', Pervenche Bérès (S&D, française) a estimé que « l'Organisation internationale du travail (devait) faire partie du processus ». (EL)