Bruxelles, 15/01/2014 (Agence Europe) - L'immigration de Bulgares et de Roumains rapporte bien plus qu'elle ne coûte aux économies d'Europe de l'Ouest, surtout à la Grande-Bretagne et à l'Irlande, affirme un économiste suédois dans une étude publiée mardi 14 janvier et citée par l'AFP.
Joakim Ruist, chercheur à l'université de Göteborg, a fait des calculs précis pour la Suède, où Bulgares et Roumains travaillent librement depuis 2007, et des calculs globaux pour les 14 autres pays membres de l'UE avant l'élargissement à l'ancien bloc communiste.
« Mes conclusions montrent clairement que les craintes qui sont actuellement exprimées dans d'autres pays européens quant au lourd fardeau qu'imposerait sur l'État-providence une immigration sans restrictions venue de Roumanie et de Bulgarie ne sont pas fondées », a-t-il déclaré. En Suède, l'un des pays les plus généreux de l'UE avec ses immigrés, et aussi celui où l'écart entre le chômage des immigrés et des nationaux est le plus grand, un immigré bulgare ou roumain rapporte 30% de plus à l'État qu'il ne lui coûte, d'après M. Ruist. « Ce résultat positif est dû au fait que les migrants reçoivent moins de prestations sociales et sont moins ciblés par les dépenses publiques que la population suédoise en moyenne. Cela fait plus que compenser le fait qu'ils gagnent moins en moyenne et par conséquent paient moins d'impôts », a-t-il écrit dans un article. D'après le chercheur, la Grande-Bretagne et l'Irlande sont les deux pays qui ont le plus à gagner de cette immigration: d'une part, parce que les Bulgares et les Roumains arrivent souvent en connaissant déjà l'anglais et, d'autre part, parce que ces deux pays ont « des États-providence de petite taille en comparaison ». L'étude porte sur un échantillon d'un cinquième des 10 000 Bulgares et Roumains résidant en Suède fin 2011, en évaluant les impôts et taxes qu'ils ont versés et les dépenses publiques qui leur ont été octroyées (prestations sociales et familiales, éducation, santé, services publics). (SP)