Bruxelles, 30/10/2013 (Agence Europe) - Les stocks de poissons se portent mieux en général, mais cela ne se traduit pas encore de manière franche par une hausse des possibilités de pêche, à l'exception notamment du merlu. Dans ses propositions dévoilées mercredi 30 octobre sur les totaux admissibles de captures (TAC) et quotas pour 2014 dans l'Atlantique et la mer du Nord, la Commission européenne suggère d'augmenter les limites de captures pour 11 stocks, de les maintenir à un niveau stable dans 25 cas, et de les réduire pour 36 stocks, conformément aux avis scientifiques. Elle propose de maintenir à zéro certains TAC de cabillaud (Ouest Écosse, Rockall), d'aiguillat commun, ou de lançon (eaux norvégiennes).
L'objectif de la Commission est de parvenir à des niveaux durables d'exploitation de tous les stocks, c'est-à-dire à ce que l'on appelle le rendement maximal durable (RMD). Chaque fois que possible, les scientifiques émettent des avis sur la façon d'amener les stocks à des niveaux compatibles avec le RMD. Cette année, l'avis RMD pourrait être émis pour 22 stocks de l'Union.
Pour Maria Damanaki, la commissaire européenne à la Pêche, il y a de bonnes nouvelles pour certains stocks, tandis que pour d'autres, « il est nécessaire de procéder à des réductions ». D'une manière générale, « nous avons une meilleure connaissance de nombreux stocks », a-t-elle ajouté.
Pour certains stocks de l'Union qui ont atteint le niveau du RMD, tels que le hareng de la mer d'Irlande (+5% à 5 251 tonnes), le merlu du nord (+49% à 81 846 tonnes) et les cardines des eaux ibériques (+86%) ou la plie de la mer Celtique (+20%), les TAC peuvent être relevés en 2014. La Commission propose en outre une hausse de 55% des prises de sanglier, à 127 509 tonnes, et une hausse de 15% du TAC de merlu du sud (+15% à 16 266 tonnes). Elle propose aussi une hausse de 30% des quotas de hareng en mer Celtique, à 22 360 tonnes, et +20% pour les cardines en Ouest Écosse.
Pour certains stocks en mauvais état, la situation ne s'est malheureusement pas grandement améliorée depuis l'année dernière. Les stocks de cabillaud de la mer d'Irlande (-20% de possibilités de pêche) et du Kattegat (-20% également) continuent d'être dans un état déplorable et l'insuffisance des données complique les choses. Le stock de sole en mer d'Irlande est très bas, d'où un TAC en baisse de 32% proposé. La Commission propose aussi de réduire de 45% le TAC de sole en Manche Est.
Pour l'églefin de la mer Celtique, l'avis scientifique est mauvais. La Commission propose une baisse de 75%, à 3 602 tonnes, afin d'amener ce stock à des niveaux RMD.
Les stocks de cabillaud et de merlan de l'Ouest de l'Écosse, qui font l'objet de taux de rejet extrêmement élevés, sont menacés d'épuisement.
En ce qui concerne les stocks pour lesquels la Commission ne dispose pas de données suffisantes pour estimer correctement leur taille, la proposition tient compte de l'avis du Conseil international pour l'exploration de la mer (CIEM): revoir le TAC à la hausse ou à la baisse de 20% au maximum.
Pour un nombre restreint de stocks de l'Union, les avis scientifiques n'ont été obtenus que récemment ou ne seront publiés que dans le courant du mois. Pour ces stocks, les avis doivent être analysés en profondeur avant de proposer des données chiffrées pour les TAC, dans le courant de l'automne.
Pour les stocks halieutiques partagés avec des pays tiers (Norvège, Îles Féroé, Groenland, Islande, Russie), la Commission européenne, au nom de l'Union, négocie avec ces pays, à la fin de chaque année, les quantités de poisson à capturer l'année suivante, en se fondant sur des avis scientifiques.
En ce qui concerne les stocks des eaux internationales et les stocks de grands migrateurs, tels que le thon, la Commission européenne, représentant l'Union, négocie les possibilités de pêche dans le cadre des Organisations régionales de gestion des pêches (ORGP). Les décisions adoptées doivent ensuite être transposées dans le droit de l'Union.
La Commission propose en outre des baisses de TAC pour la langoustine (moins 18% dans le golfe de Gascogne, -13% en mer du Nord, -10% dans les eaux portugaises), la plie en Manche (-17%), le lieu jaune (-20%), les raies (-20%), le chinchard dans les eaux espagnoles (-40% à 15 034t) ou encore la plupart des stocks de sole. (LC)